Take me downtown

    DOWNTOWN TRAIN Outside another yellow moon Has punched a hole in the night time mist I climb through the window and down to the street I’m shining like a new dime The downtown trains are full Full of all them brooklyn girls They try so hard to break out of their little worlds…

Just a hyphen

MESURE Tout l’amour pourrait tenir dans un trait d’union  La réalité est le miroir des choses La mort gagne un peu plus de terrain chaque nuit ressac pour la naissance d’autres sentiments Cet aujourd’hui est à ta portée et mes souvenirs sont de grands champs saccagés J’ai aussi un pays en mémoire une patrie derrière…

I’m just an angel

    L’ANGE DECHU Je jette une orange Vers l’astre mort Quand s’éveille l’ange dans Mon pauvre corps J’arrache les pierres Aux murs épais Du tombeau de terre où Tu m’as jeté Je monte à grand peine Par les chemins Que prennent les reines Les assassins Dans cet univers de cendres Où aimer n’existe pas…

I’m still thirsty!

SOIF Je suis resté avide en un beau jour d’été De toi, onde argentée d’un ruisseau interdit. Il y a bien longtemps. Chacun de mes sentiers de soleil, de beauté S’illumine à présent. Le bonheur m’a souri. Ma soif boit maintenant à tant d’autres fontaines, Mais je ne suis en paix nulle part, car jamais…

It’s just a little whirlwind

    LE TOURBILLON Elle avait des bagues à chaque doigt, Des tas de bracelets autour des poignets, Et puis elle chantait avec une voix Qui, sitôt, m’enjôla. Elle avait des yeux, des yeux d’opale, Qui me fascinaient, qui me fascinaient. Y avait l’ovale de son visage pâle De femme fatale qui m’fut fatale. On…

Mon Québec à moi…

    Québec Hommes et femmes de peu, envoyés de France aux confins de lointains horizons. Leur destin ne leur appartenait pas, d’autres ayant décidé pour eux. Ils ont affronté la mer incertaine, la peur de l’inconnu, le doute, le froid trop long et la misère trop insistante. Mais par absence de choix, ils se…

Love, water and fire

ET LA MER ET L’AMOUR… Et la mer et l’amour ont l’amer pour partage, Et la mer est amère, et l’amour est amer, L’on s’abîme en l’amour aussi bien qu’en la mer, Car la mer et l’amour ne sont point sans orage. Celui qui craint les eaux qu’il demeure au rivage, Celui qui craint les…

Under the sun of Mexico City

(Réédition et modification en janvier 2020) VALLEE DE MEXICO Le jour déploie son corps transparent. De ses grands marteaux invisibles, la lumière me frappe. Attaché à la pierre solaire, je ne suis qu’une pause entre deux vibrations : le point vif, aiguisé, le point fixe, intersection de ces deux regards qui s’ignorent et qui se…

I am a lazy man!

    LE PARESSEUX   Accablé de paresse et de mélancolie, Je rêve dans un lit où je suis fagoté*, Comme un lièvre sans os qui dort dans un pâté, Ou comme un Dom Quichotte en sa morne folie. Là, sans me soucier des guerres d’Italie, Du comte Palatin, ni de sa royauté, Je consacre…

Un petit tour en Enfer avec Blake

(Réédition augmentée) III. UNE VISION MEMORABLE Comme je marchais au milieu des feux de l’Enfer, enchanté des plaisirs du génie (que des anges tiennent pour tourment et folie), je recueillis certains de leurs proverbes, avec l’idée que, de même que les dictons en usage dans une nation témoignent de son caractère, de même les proverbes…

Why did you go?

    A CELLE QUI N’EST PLUS Dans ce moment épouvantable, Où des sens fatigués, des organes rompus, La mort avec fureur déchire les tissus, Lorsqu’en cet assaut redoutable L’âme, par un dernier effort, Lutte contre ses maux et dispute à la mort Du corps qu’elle animait le débris périssable ; Dans ces moments affreux…

Bialik le protecteur

(Réédition du 2 octobre 2018) Protège-moi Prends-moi sous ton aile et protège-moi. Sois ma mère et ma soeur. Et que je fasse de ton sein le refuge de ma pensée, le nid de ma prière inexaucée. Entre le jour et les étoiles, à l’heure des pitiés, sur moi penche-toi : je te dirai tout le…

Mother… look at me!

  RENCONTRE Le corps de la lune Bondit à cette heure encore une fois par-dessus la tempête des guerres passées et scande mon regret de ne plus revoir ton châle suspendu aux années de l’exil Ton châle mère… Mère… regarde-moi ! Traduction approximative : MEETING The body of the moon Leapt at this hour once again…

Elle est belle mon île !

  A mon ami Paul…     LE TOUR DE L’ILE Pour supporter le difficile Et l’inutile Y a l’ tour de l’île Quarante-deux milles De choses tranquilles Pour oublier grande blessure Dessous l’armure Été, hiver, Y a l’ tour de l’île L’Île d’Orléans L’Île c’est comme Chartres C’est haut et propre Avec des nefs…

Mon ami Elie

  Élie   Mon ami le petit Élie juif est mort à Paris cet été dans son lit le petit Élie n’était plus si petit il avait mon âge à peu près je l’avais connu en mille neuf cent quarante-quatre nous avions trois ans ou quatre nous habitions la même maison moi au premier lui…

Un jour, j’irai à Innisfree…

L’ILE DU LAC D’INNISFREE Oui, je me lèverai et j’irai maintenant, J’irai à Innisfree ; je construirai là-bas Un petit cabanon fait de boue et de chaume ; J’aurai là neuf plants de haricots, La ruche pour les mouches à miel, Et là j’aurai un peu de paix, car la paix y vient goutte à…

Salut à toi Whitman !

  Je suis un vrai Parisien, Je suis un habitant de Vienne, Saint-Pétersbourg, Berlin, Constantinople, Je suis d’Adélaïde, Sydney, Melbourne, Je suis de Londres, Manchester, Bristol, Edimbourg, Limerick, Je suis de Madrid, Cadix, Barcelone, Oporto, Lyon, Bruxelles, Bernes, Francfort, Stuttgart, Turin, Florence. Je suis chez moi à Moscou, Cracovie, Varsovie, ou au nord à Christiania…

Léopold et vous

FEMME NOIRE Femme nue, femme noire Vêtue de ta couleur qui est vie, de ta forme qui est beauté ! J’ai grandi à ton ombre ; la douceur de tes mains bandait mes yeux. Et voilà qu’au cœur de l’Été et de Midi, je te découvre, Terre promise, du haut d’un haut col calciné Et…

Un enfant dans le noir

(Réédition de novembre 2018)   Les bambous… ou un enfant dans le noir   Quand je suis mort, Je vois un grand chemin. Sur ce chemin, Je fais un grand voyage. Et au cours de ce voyage, Je vois tous les monstres. Et quand je suis vivant, Je vois l’amour, la vie et les bambous……

La plume d’Octavio

  Je commence et recommence. Mais je n’avance pas. Chaque fois qu’elle atteint les lettres fatales, la plume recule : un interdit implacable me ferme le chemin. Hier, investi des pleins pouvoirs, j’écrivais sans peine, sur la première feuille disponible : un fragment de ciel, un mur (impavide devant le soleil et mes yeux), un pré, un…