Et si c’était vrai que…

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ET si c’était vrai… « vraiment vrai, la vérité vraie ». Et si vraiment, tout était vrai, toutes les historiettes sans queue ni tête, les contes et légendes urbaines. Et si pour une fois tout était vrai… toutes ces histoire à dormir debout, toutes ces fausses vérités et autres idées reçues. Il y a bien quelque chose d’authentique dans toutes ces formules – magiques – populaires, dans toutes ces critiques gratuites ou ces phrases que l’on te balance à la figure, juste pour le plaisir de voir justement ta belle gueule se décomposer. Et si c’était vrai que…

Les filles naissent dans les roses et les garçons dans les choux. Et si c’était vrai ! Après tout pourquoi pas ? Et moi, ça me va bien. « Mignonne, allons voir si la rose est éclose. » Allons voir la rose, est-elle éclose ce matin dans mon jardin ? Allons voir… Allons voir la rose recouverte de fraîche rosée, ses frêles pétales offerts au premier vent venu. Allons admirer son doux réveil, ses petits yeux qui s’écarquillent en embrassant le monde de son premier regard. « Mignonne, cueillez, cueillez votre jeunesse, la vieillesse fera ternir votre beauté. »

Quand on meurt, on va dans les nuages, au ciel. On monte au ciel. C’est la récompense ultime de celui qui a bien œuvré durant sa vie sur terre – loin des péchés. Et si c’était vrai ! Après tout, puisqu’il nous faut bien mourir un jour, alors aller dans les nuages, au ciel ou ailleurs, pourquoi pas ? Pourquoi ne pas se cacher au ciel dans les nuages, une fois mort ? C’est un lieu qui paraît sympa, reposant et confortable, mieux qu’une tombe en vieux marbre ou un trou plein d’asticots et de feux follets. Ici gît « Mon cul » ou ce qu’il en reste et ses restes. A choisir, je préfère, les nuages, le ciel, même sans paradis.

La terre étant ronde, les Chinois marchent la tête en bas et nous la tête en l’air. Et si c’était vrai ! La terre est ronde ronde ronde. Peut-être ! Les Chinois marchent la tête en bas ? Et Alors ! On s’en fout ! Qui n’a pas eu – un jour un lendemain de cuite bien difficile – une belle gueule de bois, les cheveux raides, et l’haleine chargée comme une bonbonne de gaz, les papilles prêtes à exploser ? Tête en bas, tête en l’air, tête à claque, tête bêche, tête de con, on ne va pas tout de même s’entêter à savoir qui à la tête de l’emploi ?

La nuit quand je dors, il y a un monstre dans mon placard. Et si c’était vrai ! Un monstre dans mon placard ? Pourquoi un et pas deux ? Si je dois avoir peur la nuit, seul dans ma chambre, autant frissonner pour de vrai. La trouille est un plat qui se mange bien préparé. Alors, j’espère qu’il y a au moins deux putains de monstres dans mon placard qui me foutront le trouillomètre à zéro. J’en veux pour mon angoisse. Je veux que ça grince dans le noir, que ça batte fort dans ma poitrine, que ma nuit soit blanche.

Tu es une mère, une bonne mère, la meilleure maman au monde ! Et si c’était vrai ! Et si seulement c’était vrai ! que tu étais une bonne mère, une mère « normale » comme devraient avoir tous les enfants, sans le regard perdu dans le vide… Et si c’était vrai que tu n’était pas cette onde de chagrin et de désolation perdue à la surface d’un verre de vin qui jamais ne s’éteint lorsqu’elle atteint le bord . In vino veritas ! Et si c’était vrai que tu n’était pas cette onde de de vin qui te submerge de toute sa puissance, de toute son ivresse, de toute sa force tannique qui te violace les dents et les lèvres jusque dans ton sommeil. In vino veritas ! Hélas pour tes enfants… c’est vrai.

La longueur du nez et la grosseur des mains sont un bon indicateur de la taille et de la grosseur du sexe. Et si c’était vrai ! C’est certainement pour ces raisons que beaucoup d’hommes marchent sur le trottoir les mains dans les poches, la tête rentrée dans le menton et les yeux fuyants lorsqu’ils croisent une petite sirène. Ils errent le pas rapide tandis que d’autres prennent leur temps, jacassent, éclatent de rire bruyamment en prenant bien soin d’appuyer leur discours par une danse des mains. Ils parlent avec leurs mains. Ils montrent leurs mains comme un appel d’offre à la concupiscence : « voyez, vous qui désirez, choisissez-moi, j’ai de belles mains, vous pourrez aimer comme vous le voulez… »

Et si seulement parfois c’était vrai que… alors tout ne serait pas si mal comme cette plage d’été le soir avec ses palmiers, ses pins parasols, ses restaurants familiaux, ses guirlandes multicolores, et toutes ces personnes attablées ou qui dansent comme au temps des guinguettes sur un air de fête. La musique des vaguelettes venant s’échouer sur le sable comme un refrain perpétuel offert aux amoureux d’un soir ou d’une vie, la douce chaleur d’une nuit qui enveloppe les âmes de son réconfort avant l’arrivée de l’automne, et si seulement cela pouvait être toujours vrai.

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