Romantisme, toujours et encore…

2751478604_small_1.jpg

L’été, la plage, la mer, le sable chaud et les doux rayons de soleil de fin d’après-midi sont propices à la réflexion et à l’observation. Les pensées vagabondent, le regard s’arrête et se pose sur des personnes, des enfants, des couples, des familles. En les regardant avec une attention bienveillante, en décodant leur fonctionnement et écoutant de loin le ton de leurs discussions, j’en viens souvent à me poser la même question : qu’attend la femme du 21ème siècle de l’homme en terme de romantisme ?

Le romantisme est à la confluence d’un triple rejet : honni par l’homme contemporain post soixante-huitard, décrié par les courants féministes de libération de la femme et vilipendé par les mouvements actuels de lutte pour la parité homme /femme. Pour rappel rapide, le romantisme est un mouvement culturel qui prend au début du 19ème siècle le contre-pied du rationalisme et du classicisme ambiant, il posture la passion et les vicissitudes de l’âme humaine au cœur de l’art.

Le romantisme, dans son essence, s’accommode mal du principe d’égalité puisque la figure romantique, qu’elle soit dans le texte littéraire, la peinture ou la sculpture, est articulée sur l’expression de sa propre intériorité, l’expression d’une intimité profonde, de sentiments non maîtrisés qui viennent d’un univers « tripale » où l’on s’engage, où l’on se dévoile, sans fausses pudeurs, quelque soit la réponse ou le retour de l’autre.

Le romantisme, tel qu’il est véhiculé dans notre culture populaire de l’après-guerre, notamment au travers des contes de fée racontés aux enfants ou des dessins animés de Walt Disney est assez prégnant dans nos éducations sentimentales. En effet, il met en exergue un homme dit prince charmant qui est fort, déterminé, qui est l’élément actif du binôme homme /femme, qui sauve ou préserve sa bien aimée de toutes les turpitudes de la vie présente et future. En contrepartie, la princesse s’en remet à lui pour la vie et scelle la promesse de créer une descendance. Cette « répartition des compétences » est bien loin du romantisme originel qui s’inscrit dans la désorganisation plutôt que dans l’ordre social ou la notion de bonnes mœurs. De surcroît, elle a de quoi donner de l’urticaire à l’homme et à la femme du 21ème siècle déjà soumis à tant de pressions de toutes natures et empreints de tant de doutes existentiels sur le couple, l’amour , la famille…

Pour autant qu’on le veuille ou non, la femme quadra ou quinqua d’aujourd’hui est en prise avec des contradictions que cette culture populaire a largement véhiculé voire accentué :

– Elle veut préserver son autonomie juridique, professionnelle et financière et « en même temps » rester la « princesse » qui est protégée et choyée par l’homme qu’elle a choisi ;

– Elle veut être maman, mère de famille tendre et attentionnée, parfaite maîtresse de maison et « en même temps » pouvoir compter sur une logistique partagée avec l’homme ; 

– Elle veut rester libre de son corps, de sa sexualité, de son plaisir et de son apparence physique et « en même temps » plaire toujours et encore exclusivement à l’homme.

Si la femme d’aujourd’hui est d’abord dans la vérité des sentiments et ne raisonne pas ou plus en stratégie d’alliance patrimoniale ;

Si la femme d’aujourd’hui ne porte plus le nom de son conjoint, voire ne se marie plus ;

Si la femme d’aujourd’hui ne se mesure plus en nombre de carats contenus dans les bijoux offerts à l’occasion de ses épousailles ;

Si certaines femmes d’aujourd’hui ne revendiquent pas la fidélité ;

Si certaines femmes d’aujourd’hui partagent aisément leur parentalité avec d’autres partenaires ;

La femme d’aujourd’hui a assurément besoin de ce que les thérapeutes réapprennent à des kyrielles de couples : DE LA DÉMONSTRATION ET UN ZESTE DE ROMANTISME .

Oui ! il en va de la femme et de l’homme d’aujourd’hui comme de la Nation dans l’acception française de Ernest Renan : ils doivent pour être en cohésion avoir un certain sentiment d’appartenance et ma profonde conviction est que cela passe particulièrement par le côté démonstratif – ce que certains ou certaines qualifieraient aujourd’hui de « cul cul la praline .

Et quoi qu’en disent mes copines, nous avons besoin de nous sentir appartenir à l’homme – et vice et versa – , de sentir par des gestes d’affection ostentatoires et démonstratifs que nous sommes « sa » femme et non une simple amie comme les autres alors même que les signaux sociaux de l’ordre bourgeois se sont effacés comme l’alliance en bijou qui symbolise le lien juridique ou le nom marital devenu optionnel.

Et quoi qu’en disent les médias féministes, nous avons besoin d’attentions comme des fleurs ou autre cadeau qui agrémentent le quotidien alors même que certaines femmes gagnent plus d’argent que leur conjoint. Tout est question d’attention, tout est question de geste, tout est question d’émotions.

Voilà de quoi économiser de nombreuses séances de thérapie de couple…

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. ibonoco dit :

    Ave Ibanaca. Enfin le retour !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s