Être un Homme aujourd’hui ?

    TU SERAS UN HOMME MON FILS  – IF   Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir, Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties Sans un geste et sans un soupir ; Si tu peux être amant sans être…

Le coeur d’Anna

  L’EMPREINTE   Je m’appuierai si bien et si fort à la vie, D’une si rude étreinte et d’un tel serrement Qu’avant que la douceur du jour me soit ravie Elle s’échauffera de mon enlacement. La mer, abondamment sur le monde étalée, Gardera dans la route errante de son eau Le goût de ma douleur…

Sur le sable…

  SUR LE SABLE Sur le sable fin de mes fragiles et courtes nuits Je m’allonge lourdement et éreinté sur ton lit Ton oreiller pour ami, ton parfum pour rêve. Et d’un battement de paupière je capture ton souffle Lorsque le mien s’arrête sur une vie parfois lasse De n’avoir pas su venir plus tôt…

The stupidity of the intelligent

« Moi, je dis que la connerie, c’est la décontraction de l’intelligence, donc de temps en temps, je peux me permettre d’être con. » Traduction approximative : « I say that bullshit (stupidity) is the relaxation of intelligence, so from time to time I can afford to be an asshole. » Lucien Ginsburg dit Serge Gainsbourg (1928 – 1991),…

My sweet Mathilde, please, reviens-moi !

  Green Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches Et puis voici mon cœur qui ne bat que pour vous. Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches Et qu’à vos yeux si beaux l’humble présent soit doux. J’arrive tout couvert encore de rosée Que le vent du matin vient glacer…

Le temps d’une cerise

    LE TEMPS D’UNE CERISE Tu venais souvent l’été à l’ombre du cerisier t’étendre et t’assoupir Une main ridée pendant dans le vide, l’autre laissée à l’abandon… Nous étions heureux, simplement heureux… tout simplement. On ne savait pas encore le désespoir du néant ni le goût du chagrin. Un jour succédait à un autre,…

Une rose de trop pour Marceline

  Les roses de Saadi   J’ai voulu ce matin te rapporter des roses ; Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes Que les noeuds trop serrés n’ont pu les contenir. Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées. Elles ont suivi l’eau pour…

Allez Victor, au boulot !

Saison des semailles. Le soir   C’est le moment crépusculaire. J’admire, assis sous un portail, Ce reste de jour dont s’éclaire La dernière heure du travail. Dans les terres, de nuit baignées, Je contemple, ému, les haillons D’un vieillard qui jette à poignées La moisson future aux sillons. Sa haute silhouette noire Domine les profonds…

L’évangile selon Alfred

  « To succeed in the world, remember these three maxims: to see is to know; to want is to can ; to dare is to have. » « Pour réussir dans le monde, retenez bien ces trois maximes : voir, c’est savoir ; vouloir, c’est pouvoir ; oser, c’est avoir.    Louis-Charles-Alfred de Musset (1810 – 1857),…

T’as le bonjour d’Albert

Ton souvenir est comme un livre   Ton souvenir est comme un livre bien aimé, Qu’on lit sans cesse, et qui jamais n’est refermé, Un livre où l’on vit mieux sa vie, et qui vous hante D’un rêve nostalgique, où l’âme se tourmente. Je voudrais, convoitant l’impossible en mes voeux, Enfermer dans un vers l’odeur…

Les amours de Paul-Jean

En Arles Dans Arles, où sont les Aliscams, Quand l’ombre est rouge, sous les roses, Et clair le temps, Prends garde à la douceur des choses. Lorsque tu sens battre sans cause Ton coeur trop lourd ; Et que se taisent les colombes : Parle tout bas, si c’est d’amour, Au bord des tombes. Paul-Jean…

Fermons la porte… dehors il fait si froid

  APRÈS L’ADIEU Fermons la porte… Ici chez moi Je suis seul et ma lampe fume Insensible mon amertume Parachève ce désarroi. Fermons la porte, il fait si froid ! … Ton pas s’efface dans la brume On dirait un écho posthume… Je vais me souvenir de toi ! Je tisonne en vain l’âtre vide : Sous un…

Alors Jules, arrête ton char !

  LES CHEVAUX DU TEMPS   Quand les chevaux du Temps s’arrêtent à ma porte J’hésite un peu toujours à les regarder boire Puisque c’est de mon sang qu’ils étanchent leur soif. Ils tournent vers ma face un œil reconnaissant Pendant que leurs longs traits m’emplissent de faiblesse Et me laissent si las, si seul…

A DREAM WITHIN A DREAM

  UN RÊVE DANS UN RÊVE Tiens ! ce baiser sur ton front ! Et, à l’heure où je te quitte, oui, bien haut, que je te l’avoue : tu n’as pas tort, toi qui juges que mes jours ont été un rêve ; et si l’espoir s’est enfui en une nuit ou en un…

Tout en haut de la colline… Octavio

  COLLINE DE L’ETOILE   Ici les anciens accueillaient le feu Ici le feu créait le monde A midi les pierres s’ouvrent comme des fruits L’eau ouvre les paupières La lumière coule sur la peau du jour Goutte immense où le temps reflète et s’apaise.     Octavio Paz (1914-1998) in Liberté sur parole (1949),…

Aimé et les trilobites

Perdition   nous frappons l’air neuf de nos têtes cuirassées nous frapperons le soleil de nos paumes grandes ouvertes nous frapperons le sol du pied nu de nos voix les fleurs mâles dormiront aux criques des miroirs et l’armure même des trilobites s’abaissera dans le demi-jour de toujours sur des gorges tendres gonflées de mines…

Faut-il fermer les yeux ?

  « Le secret du bonheur en amour, ce n’est pas d’être aveugle, mais de savoir fermer les yeux quand il le faut. » Simone Signoret (1921-1985), actrice française.

Roberto, ¿qué te está pasando hoy?

LANGAGE CUIT I Ce vieillard encore violet ou orangé ou rose porte un pantalon en trompe d’éléphant. Mon amour jette-moi ce regard chaud où se lisent de blancs desseins ! Portrait au rallongé de nos âmes Parlerons-nous à cœur fermé et ce cœur sur le pied ? Où jouerons-nous toute la nuit à la main…

EL LLANO

(Réédition du 28 juin 2018) J’aime de temps à autre laisser vagabonder mes pensées du côté de ces terres chaudes et arides, non loin de Cartagena. Il me semble alors que je suis une autre personne, tantôt un enfant ouvrant grand ses yeux sur un monde aux accents différents, tantôt un jeune adulte recherchant les…

Alors Paul, où en étais-tu déjà ?

OÙ EN ÉTAIS-JE ? Il se fait tard le ciel quitte la chambre Ce soir je vais vendre mes chèvres Je marche derrière un troupeau De clartés délicates Les arbres qui me guident Se ferment Ils n’en sont que plus sûrs Ce soir je vais construire une nuit d’exception La mienne Informe comme le soleil…