The electric body

JE CHANTE LE CORPS ELECTRIQUE (extrait) 7 On a mis un corps d’homme aux enchères (La scène se passe avant la guerre, c’est ma coutume d’assister à la vente des esclaves), J’aide le vendeur, il est nul, il ne connaît pas son boulot. S’il vous plaît, messieurs, contemplez-moi un peu cette merveille, Est-ce que la…

Où est passé le petit garçon ?

(Réédition du 19 août 2018 et révisée) Je pars à sa recherche… Je cours dans tous les sens, affolé. Je tremble : j’ai peur… Paniqué, je regarde rapidement à droite, puis à gauche : je ne vois rien, juste le vide, un vide noir et froid, glaçant. Je ne vois rien ! Il s’est envolé, évanoui et pourtant…

Pardonne-moi… ma belle

LE BAISER VOLE   Pardonnez-moi, belle marquise, Ce baiser que je vous ai pris ! Les parterres étaient fleuris ; L’air était plein de galantise. L’amour chantait avec la brise ; Mon crime est de l’avoir compris. — Pardonnez-moi, belle marquise, Ce baiser que je vous ai pris ! Vous me disiez, sur l’herbe assise : « Cueillez cette fleur ! » et,…

Home sweet home

(réédition du 1er juin 2018) J’ai cherché longtemps. J’ai cherché longtemps une maison. Je voulais une maison avec une cheminée, un jardin, et une grande cuisine avec en son centre une belle grande table. Une grande table, longue avec tout plein de chaises autour. Des chaises pour recevoir la vie, des invités, manger, rire, déconner,…

Mon amie Hélène

    MADRIGAL Si c’est aimer, Madame, et de jour, et de nuit Rêver, songer, penser le moyen de vous plaire, Oublier toute chose, et ne vouloir rien faire Qu’adorer et servir la beauté qui me nuit : Si c’est aimer de suivre un bonheur qui me fuit, De me perdre moi même et d’être solitaire,…

Une larme dans le coeur d’André

  QUAND UNE LARME DE TROP. Quand une larme de trop m’empêche de respirer m’empêche réellement de respirer  – Alors je crie comme autrefois quand j’étais gamin aux terreurs nocturnes – Je vais jeter des tonnes de violettes à la mer pour qu’avec elles s’enfoncent dans l’oubli les maisons les enseignes les rues et les…

Whispering in my garden…

  LE JARDIN MOUILLE La croisée est ouverte ; il pleut Comme minutieusement, A petit bruit et peu à peu, Sur le jardin frais et dormant, Feuille à feuille, la pluie éveille L’arbre poudreux qu’elle verdit ; Au mur, on dirait que la treille S’étire d’un geste engourdi. L’herbe frémit, le gravier tiède Crépite et…

La chambre de l’oubli

  (Rediffusion du 24 septembre 2018)   Après les murmures sucrés du désir et les douces caresses de la passion à l’ombre des murs blancs de cette chambre de l’oubli, allongée sur ce lit, tu rêves le regard flottant au-dessus d’une mer de volupté et d’éternité. Tu rêves le cœur grand ouvert à la vie…

Sous le soleil de Mexico

VALLEE DE MEXICO Le jour déploie son corps transparent. De ses grands marteaux invisibles, la lumière me frappe. Attaché à la pierre solaire, je ne suis qu’une pause entre deux vibrations : le point vif, aiguisé, le point fixe, intersection de ces deux regards qui s’ignorent et qui se retrouvent en moi. Pactisent-ils ? Je…

Norline on the beach

POUR NORLINE Cette plage restera vide pour de nouvelles aubes couleur ardoise des lignes que le ressac efface sans cesse avec son éponge, et quelqu’un d’autre viendra de la maison encore endormie, une tasse à café chauffant dans sa main comme autrefois mon corps se lovait sur le tien, pour mémoriser ce passage d’une sterne…

La tristesse de Marceline

  LES SEPARES N’écris pas. Je suis triste, et je voudrais m’éteindre. Les beaux étés sans toi, c’est la nuit sans flambeau. J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre, Et frapper à mon cœur, c’est frapper au tombeau. N’écris pas ! N’écris pas. N’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes, Ne demande qu’à Dieu… qu’à toi, si…

Délicatement, tout doucement…

    DELICATESSE Si la vie n’était que pure poésie Si le temps n’était que douce ivresse Si la pluie n’était que grande délicatesse Si le vent n’était que fine caresse Et la nuit tendre paresse sur ton lit Alors, délicatement, tout doucement, Je déposerais ma plume et mon âme A l’ombre de Tes perfections…

Les retrouvailles…

  SEUL LE VIEUX TAPIS FLEURISSAIT LE SOL La maison avait changé d’adresse ma photo avait changé de place la table avait été pliée derrière la porte la chaise de mon père, aussi seul le vieux tapis fleurissait le sol Je t’ai trouvée enfin dans un jardin nu avec ton grand châle noir l’esprit en…

Le bonheur selon Boris

  « Ce qui m’intéresse, ce n’est pas le bonheur de tous les hommes, c’est celui de chacun. » « I’m not interested in the happiness of all men, but only in the happiness of each » « A mí lo que me interesa no es la felicidad de todos los hombres, sino la de cada uno de ellos »  …

Des larmes et un coeur…

A UN AMI La foule est insensible au vieux toit qui s’écroule, À l’oiseau qui s’envole, au murmure de l’eau ; Et pour elle le monde est toujours assez beau ; Mais nous qui ne brûlons que de la pure flamme, Mon ami, notre monde est le monde de l’âme ; Tout n’est que vanités,…

Viens faire un p’tit tour sur l’eau…

EXTREME-ORIENT  I Le fleuve au vent du soir fait chanter ses roseaux. Seul je m’en suis allé. – J’ai dénoué l’amarre, Puis je me suis couché dans ma jonque bizarre, Sans bruit, de peur de faire envoler les oiseaux. Et nous sommes partis, tous deux, au fil de l’eau, Sans savoir où, très lentement. –…

Ah ! Si seulement j’étais…

  SI J’ETAIS PAILLE   Si j’étais paille, je me ferais lit pour les amours champêtres ou toit à être emporté par le vent. Ou encore, mannequin à faire sauter et retomber, sans que cela fasse mal, sur la toile rude de la vie. Si j’étais paille, je me ferai chapeau à mettre sur la…

MON AMIE ALGOS – Aλγος

  Neuf heures du matin seulement et déjà il se fait bien tard… Une ombre épaisse recouvre lentement la chair tuméfiée de tous ces jours d’attente, de prière et d’espoirs impossibles comme une fraîche nuit d’automne jetant son voile épais sur un été encore chaud, orageux mais fragile et sans avenir. Depuis tant d’années, elle…

Les rêves d’une âme aux cheveux d’argent

  CONCLUSION   J’ai rêvé les amours divins, L’ivresse des bras et des vins, L’or, l’argent, les royaumes vains, Moi, dix-huit ans, Elle, seize ans. Parmi les sentiers amusants Nous irons sur nos alezans. Il est loin le temps des aveux Naïfs, des téméraires voeux ! Je n’ai d’argent qu’en mes cheveux. Les âmes dont…

La passion de Joachim

  JE PARDONNE A LA DOUCE FUREUR   Maintenant je pardonne à la douce fureur Qui m’a fait consumer le meilleur de mon âge, Sans tirer autre fruit de mon ingrat ouvrage Que le vain passe-temps d’une si longue erreur. Maintenant je pardonne à ce plaisant labeur, Puisque seul il endort le souci qui m’outrage,…