I’M NOT HUNGRY ANYMORE

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MA FAIM

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Elle ne veut plus manger.

Un jour, comme ça, par petits morceaux de nourriture, elle a fait le tri dans sa vie comme dans son assiette, comme un reflet d’elle-même déformé, renvoyé par le blanc de l’émail et qui lui murmure les secrets de son âme, ceux qui lui font mal, ceux qui l’abîment, ceux qui la torturent…

Elle ne veut plus manger et ça la préoccupe.

A table, elle fronce les sourcils, serre les mâchoires et ferme son sourire pour ne laisser filtrer qu’un air lointain, un air d’ailleurs comme si l’important n‘était plus le plaisir de l’instant, celui de partager, d’échanger, de sourire et de rire. La mélodie dans son coeur a changé de tonalité. Elle veut manger, se nourrir et survivre mais n’y arrive plus. Son estomac devenu trop étroit n’en peut plus de ce régime qui le maltraite, alors il est en grève. Il fixe ses conditions et n’acceptera peut-être pas un retour en arrière, un retour vers un plaisir de la table où il faisait bon parler, boire un verre, et goûter à tous ces plats préparés qui sentaient si bon la cuisine familiale.

Elle ne veut plus manger mais l’espoir est là, bien là, en elle.
Comme le cancre de Prévert :

« Elle dit non avec la tête
Elle dit oui avec le coeur
mais elle ne dit pas encore tout à fait oui à ce qu’elle aime
…elle est debout, toujours debout !
et sur le tableau noir de son malheur
avec sa petite main d’adulte encore enfant
elle cherche à dessiner maladroitement le visage du bonheur. »

John Ibonoco

MY HUNGER

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She doesn’t want to eat anymore.

One day, just like that, by small pieces of food, she sorted through her life as if it were on her plate, like a deformed reflection of herself sent back by the white of the enamel, whispering to her the secrets of her soul, those that hurt her, those that damage her, those that torture her…

She doesn’t want to eat anymore and she’s worried about it.

At the table, she frowns, clenches her jaws and closes her smile to let only a distant air filter through, an air from elsewhere, as if the important thing was no longer the pleasure of the moment, that of sharing, exchanging, smiling and laughing. The melody in her heart has changed tone. She wants to eat, to feed herself and to survive, but she can no longer do so. Her stomach has become too narrow and can’t take it anymore, so it’s on strike. It sets its terms and may not accept a return to the past, a return to the pleasure of the table where it was good to talk, have a drink, and taste all those prepared dishes that smelled so good in the home kitchen.

She doesn’t want to eat anymore, but hope is there, right there, in her.
Like Prévert’s duck:

« She says no with her head
She says yes with his heart
but she’s not quite saying yes to what she likes yet.
…she’s up, still up!
and on the blackboard of her misfortune
with her little adult hand as a child
she’s trying to clumsily draw the face of happiness. »

John Ibonoco

8 commentaires Ajouter un commentaire

  1. C’est très beau John 👏

    Aimé par 2 personnes

    1. ibonoco dit :

      Merci sincèrement Gyslaine 😃

      Aimé par 1 personne

  2. Bonjour John, je ne sais pas si ce que lis entre tes lignes est la vérité, mais je connais hélas et cela dure depuis des années et on n sait pas vraiment pourquoi… je me demande souvent où-ai-je fais mal ? on me répond , mais non tu n’y ai pour rien , pourtant si j’avais vu dès le début , peut-être que cela se serait arrangé… Bisous bonne soirée MTH

    Aimé par 1 personne

    1. ibonoco dit :

      Bonjour Marie,
      Cette histoire est vraie. Il s’agit de quelqu’un de proche. C’est toujours très difficile.
      Bisous
      Amitiés
      John 😀

      Aimé par 1 personne

  3. Une histoire triste !

    Aimé par 1 personne

    1. ibonoco dit :

      Avec du temps et un bon soutien, mes choses s’arrangent souvient

      J’aime

  4. colettedc dit :

    L’espoir qui est là, en elle, qui sait ; peut-être un jour qu’il la sauvera !!!
    Bon jeudi John,
    Amitiés 😘

    Aimé par 1 personne

    1. ibonoco dit :

      Bonjour Colette,
      Il y a des moments d’inquiétude puis des embellies. Mais comme tu le soulignes : l’espoir est là et bien en elle. Mais aussi en ceux qui l’aiment.
      Bon jeudi et merci de tes mots
      AMitiés
      John

      Aimé par 1 personne

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