Like on railways… Comme sur des rails…

(Réédition du 9 avril 2019)

Comme sur des rails…

Du lundi matin au vendredi soir et durant des années se répéteront inlassablement – pour beaucoup – le même rituel quotidien, la même histoire sans paroles qui les emmèneront un jour très loin, loin d’eux-mêmes, tout au bout au bout de leur vie et de leurs peines… Et le temps aura passé en un claquement de doigts sur des journées souvent bien trop chargées en stress, pression et management pour les nuls.

En attendant que cette vie se termine, le matin, il faut se lever tôt et vite, très vite – le train-train quotidien n’attend pas, il est toujours pressé de se montrer au grand jour. Alors, machinalement, à la première sonnerie du réveil, on saute du lit et l’on se secoue énergiquement afin de chasser de son esprit les derniers résidus de rêve, les derniers bouts d’espoir d’une vie faite de douceur et de tendresse. Puis, tout s’enchaîne sans un mot, sans un sourire, de façon très mécanique avec un rapide passage par la salle de bain : on se prend les pieds dans le tapis de douche, comme tous les matins, on retrouve son équilibre par miracle et l’on passe à l’étape suivante. S’habiller n’est qu’une formalité expédiée en deux temps trois mouvements. Boire en quelques secondes un petit café noir en est une autre… et l’on part, vite-vite, bien trop vite en oubliant de fermer à clé la porte d’entrée de la maison. Mais il est déjà trop tard pour faire demi-tour, le temps presse – le petit train-train quotidien n’attend pas, il est toujours pressé de te mettre la grappin dessus…

En chemin, il faut encore déposer les enfants à l’école vite, très vite, en coup de vent, sans pouvoir les embrasser ni les étreindre ou sentir leur petite main chaude tenir la nôtre alors que nous marchons tranquillement côte à côte le temps de leur enfance. Un dernier sourire, un dernier bisou et hop, on ne peut que les regarder de dos, les regarder s’éloigner et les voir porter sur leurs frêles épaules leur énorme cartable bien trop lourd tandis qu’ils s’en vont retrouver leurs camarades pour jouer aux billes, s’échanger quelques cartes de jeux juste avant l’ouverture du portail ou se raconter quelques blagues… en pensant déjà au soir et à la liberté retrouvée de l’écolier. « En sortant de l’école nous avons rencontré un grand chemin de fer qui nous a emmenés tout autour de la terre dans un wagon doré… »

Mais déjà, vite, il faut reprendre la route et speeder comme un malade, l’école n’est qu’une étape comme une autre, un obstacle chronophage à franchir, la journée ne fait que commencer. Ici, il n’y a pas de place pour le cœur ni pour laisser les sentiments s’exprimer, on ne trouve qu’un petit tas de culpabilité à emporter avec soi pour toute la journée, un peu d’amertume qui s’accumule de jour en jour. Pendant ce temps-là, le petit train-train quotidien n’attend pas mais demain matin, il reviendra te prendre au saut du lit.

Ibonoco

Like on railways...

From Monday morning to Friday evening and for years will repeat untiringly – for many – the same daily ritual, the same story without words that will take them one day far away, far from themselves, far from the end of their lives and their sorrows… And time will have passed in a snap of the fingers on days often far too loaded with stress, pressure and management for losers.

While waiting for this life to end, in the morning you have to get up early and fast, very fast – the daily routine does not wait, it is always in a hurry to show itself out in the open. So, mechanically, when the alarm goes off, we jump out of bed and shake ourselves vigorously to get rid of the last traces of dreams, the last bits of hope of a life made of sweetness and tenderness. Then, everything goes on without a word, without a smile, in a very mechanical way with a quick passage through the bathroom: we take our feet in the shower mat, as every morning, we find our balance by miracle and we move on to the next step. Getting dressed is just a formality that can be done in no time at all. Drinking a small black coffee in a few seconds is another… and you leave, fast, much too fast, forgetting to lock the front door of the house. But it’s already too late to turn around, time is running out – the daily routine doesn’t wait, it’s always in a hurry to grab you….

On the way, we still have to drop the children off at school quickly, very quickly, in a gust of wind, without being able to kiss them or hug them or feel their warm little hand holding ours as we walk quietly side by side during their childhood. A last smile, a last kiss and hop, we can only look at them from behind, watch them walk away and see them carry on their frail shoulders their huge schoolbags much too heavy while they go to meet their classmates to play marbles, exchange a few game cards just before the opening of the portal or tell each other a few jokes… thinking already of the evening and the schoolboy’s freedom. « On leaving school we met a big railway that took us all around the world in a golden wagon… »

But already, quickly, you have to get back on the road and speed like a sick person, school is only one step like any other, a time-consuming obstacle to overcome, the day has only just begun. Here, there is no place for the heart or for feelings to express themselves, there is only a small pile of guilt to take with you all day long, a little bitterness that accumulates from day to day. Meanwhile, the daily routine doesn’t wait, but tomorrow morning it will come back and pick you up when you get out of bed.

Ibonoco

8 commentaires Ajouter un commentaire

    1. ibonoco dit :

      Merci. Belle soirée

      Aimé par 1 personne

    1. ibonoco dit :

      Merci. Belle soirée.

      J’aime

  1. Jolie histoire le train train de la vie

    Aimé par 1 personne

    1. ibonoco dit :

      Merci Marie-Christine.

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  2. colettedc dit :

    Oui, du lundi au vendredi, et plus les années avancent, plus le vendredi vient vite, quel entraînement nous prenons, avec ces années accumulées ; on ne voit plus le temps passer.
    Bon mardi John,
    Amitiés 😘

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    1. ibonoco dit :

      C’est terrrriiible !!! Le temps accélère ou alors c’est nous qui passons de plus en plus vite sur le chemin de la vie ?
      Bon mardi Colette.
      Amitiés
      John

      Aimé par 1 personne

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