Nairobi Airport NBO

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(Réédition du 24 août 2018)

Jomo Kenyatta International Airport, le 21 août 2018 à 22h11 heure locale soit 21h11 heure de Paris.

Il fait déjà nuit sur Nairobi depuis au moins deux bonnes heures. Ici, dès 18h30, l’obscurité fond sur la ville comme une proie et engloutit tout d’un seul coup sur son passage. Le moindre rayon de soleil, la moindre trace de lumière, le moindre photon disparaît dans le néant comme absorbé par un trou noir. Quant à la température de l’air, elle est encore tiède, douce et agréable bien que la ville soit située à plus de 1500 mètres d’altitude. Le thermomètre affiche encore 68 degrés Fahrenheit (20° C) ; l’hiver à Nairobi est clément pour l’homme de l’hémisphère nord. Sous les tropiques, les saisons n’ont décidément pas la même saveur que dans nos capitales européennes, elles ont un goût ensoleillé qui pénètre l’âme par petite touche de douceur et de couleurs…

Sur le tarmac de l’aéroport, quelques avions atterrissent tandis que d’autres montent lentement et lourdement dans le ciel du Kenya. Ils s’élèvent toujours plus en bourdonnant, dépassent les nuages pour atteindre une altitude de plus de 40 000 pieds (12 000 mètres) et une température extérieure de – 51 degrés Celsius… Là-haut, tout là-haut, la paix règne en maître absolu et il fait un temps magnifique – l’on en vient même à se demander si l’agitation de la vie terrestre que l’on vient de quitter il y a seulement quelques instants était bien réelle. Les rayons du soleil s’étirent nonchalamment sur l’horizon à perte de vue sans jamais rencontrer un seul obstacle. Juste au-dessous de l’appareil, une mer de nuages ressemblant à une multitude de coulées de neige poudreuse se répand sans aucune autre limite que celles de notre entendement. A l’intérieur, c’est tout un univers apaisé, aseptisé et confiné qui s’offre au voyageur le temps d’un simple aller.

En haut, tout là-haut, il fait toujours très beau… même la nuit au milieu de toutes ces étoiles accrochées deci delà à un bout de ciel. Cette dernière est calme et cadencée par le service à bord des hôtesses et stewards ainsi que par les annonces du commandant de bord. Et chacun sa place, chacun à sa place : les classes économiques avec les classes économiques, les business avec les business, un simple rideau suffira pour délimiter la frontière de ces deux mondes. Et quant aux premières, c’est encore une autre histoire. En l’air, l’argent révèle encore mieux les réalités sociales et les limites de la mixité sociale

Dans la zone de transit international, la lumière est intense. Une noria de personnes hétéroclites passe d’un point à un autre, d’un guichet d’information à la salle d’attente d’un terminal… Les voyageurs, personnels d’équipage, d’entretien au sol, de l’administration locale ou de nettoyage se croisent et se recroisent. Chacun a un bien but bien précis : trouver sa porte d’embarquement, ne pas louper son vol, tuer le temps en déjeunant au restaurant de l’aéroport ou prendre son poste de travail. A tout instant, ici à Jomo Kenyatta International Airport, l’on pourrait presque prendre le pouls du Kenya et mesurer son activité économique, la vie libère sa puissante énergie à chaque atterrissage ou décollage.

Les couloirs de Nairobi Airport sont impeccables, les toilettes sont propres, le futur passager peut déambuler en toute tranquillité et faire quelques achats. Les boutiques duty-free proposent des t-shirts souvenirs, de l’artisanat local, rien de bien original… excepté les couleurs, toutes ces pigmentations qui se mêlent entre elles pour illuminer nos yeux. Les fringues arborent toutes des couleurs vives et chaudes : le bleu se marie amoureusement avec le rouge, le vert et le jaune tandis que de petites mains s’affairent afin que tout soit juste et parfait pour le voyageur-client. Les hôtesses d’accueil sont tirées à quatre épingles et guettent du coin de l’œil une potentielle carte de crédit généreuse…

Partout, les couleurs de peau, les tenues vestimentaires, les accents se mélangent agréablement pour celui qui aime écouter, sentir et vivre cette belle musique des nations. Les enceintes de la zone de transit diffusent quant à elles une musique locale ; non loin de là, un téléviseur retransmet un match de foot, l’accent anglais du journaliste résonne fortement et se mêle à tous les autres sons, murmures et discussions. Et pendant ce temps ? Et bien le temps s’écoule tranquillement, à son rythme, un rythme qui est celui d’une Afrique noire, anglophone et fière.

Retour à une autre réalité : gate 17, les passagers du vol pour Roissy CDG commencent à affluer. Le calme règne sur les bancs et sièges de la salle d’attente. Certains recherchent une prise afin de recharger leur portable ou laptop, d’autres simplement un coin tranquille pour piquer un petit somme réparateur. Il y a à présent beaucoup de monde mais très peu de bruit : le wifi y est pour beaucoup. La quasi totalité des personnes a le nez sur son smartphone, tablette ou ordinateur portable, les doigts s’agitant frénétiquement sur l’écran tactile. A plusieurs milliers de kilomètres de Paris, la magie de la connexion instantanée prend tout son sens. Whatsapp, Messenger et tant d’autres applications travaillent en silence afin que chacun puisse contacter un frère, un père, une mère, un fils, une sœur, un pote, son boss… Se connecter ou ne pas se connecter, telle est désormais la question…

Une hôtesse au sol lance un appel au micro mais peu de personnes se sentent concernées, les doigts continuent de s’exciter sur les smartphones même si l’on peut percevoir la fatigue qui commence à montrer le bout de son nez. Des yeux peinent à rester ouverts puis se ferment, des têtes s’inclinent, le temps lui continue sa course tout en nous faisant patienter… et le vol pour Roissy est enfin annoncé, sans retard. C’est toujours rassurant de savoir qu’un retour est possible et qu’une fois embarqué, il n’y a plus qu’à se laisser faire, lire un peu, dormir ou voir un film sur la tablette de son fauteuil. L’aéroport de Nairobi est un endroit sympathique mais cinq heures d’attente avant le prochain vol alors que l’on en a déjà plusieurs autres au compteur, cela commence à piquer. Avoir le cul assis pendant une éternité sur des sièges en métal n’est pas non plus un exercice aisé. Attendre, attendre, toujours et encore attendre, mal assis, crevé, c’est tout un art surtout quand il est impossible de faire autrement. Alors, observer, écouter, sentir sont autant de bonnes occupations quand il s’agit de tuer le temps. On prête attention aux discussions qui s’engagent en swahili. Les voix portent comme un chant rythmé. Que racontent-elles ? Peu importe ! On les perçoit comme les paroles d’une musique réchauffant délicatement une humeur attaquée par la fatigue… Encore une annonce d’une hôtesse dans le micro : cette fois-ci, l’embarquement est annoncé et commence, il était temps ! la salle d’attente est pleine à craque. Monter à bord va prendre du temps mais bon, on ne peut pas aller plus vite que l’avion lui-même alors patience.

On s’installe à sa place, on boucle sa ceinture et c’est reparti. Il est 23h59, vol KQ 112, cio Nairobi.

7 commentaires Ajouter un commentaire

  1. marie dit :

    Bonjour, un beau voyage que j’ai fait par procuration, merci bonne fin de journée MTH

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    1. ibonoco dit :

      Merci Marie. Ce fut un beau voyage qui m’a mené aux Seychelles. CE fut super.

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  2. karouge dit :

    Si je comprends bien, ce qui ne m’arrive que très rarement, c’était donc une escale, un arrêt transitoire de plusieurs heures de Nairobi vers Paris CdG; Un vol « retour ». Mais qu’en est-il alors du vol « aller »? L’énigme reste entière!

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  3. colettedc dit :

    Que c’est bien décrit, John ! C’est tout comme si on y était !
    Bon week-end !

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    1. ibonoco dit :

      Merci Colette.
      Bon week-end sous le beau temps.

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  4. « Une noria de personnes hétéroclites » 👌

    Aimé par 1 personne

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