Debout mon Frère… ! Get up !

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« Debout petit Frère… ! Debout  frérot ! Hé ! Mec, relève-toi ! Get up ! Hé !Wake up brother ! Hé ! Relève-toi ! Rassemble tes forces, tends l’oreille et écoute-moi bien attentivement. C’est important, ta survie en dépend ! Je le sais bien, moi qui te parle dans le creux de l’oreille depuis des lustres et des lustres, que tu es las, éreinté. Depuis tout ce temps passé auprès de toi, à te veiller comme un ange gardien, à tenter de te raisonner, de te montrer le monde en couleur, je le vois bien que tu es totalement lessivé, rincé, abattu, fourbu, vaincu et presque foutu…

Toutes ces journées passées à ruminer, à penser, réfléchir, à vomir sur toi-même et les autres, à tenter de comprendre ce qui ne peut l’être, à tenter de voir l’invisible en vain… Toutes ces journées passées à tenter de te dépasser pour t’améliorer, ne pas être indifférent à tout ce qui t’entoure, à encaisser la méchanceté de certains, les coups bas, les coups de pied. Et tu piques des colères, et après ? Rien de bien, il ne reste ensuite que des ruines et des escarbilles qui tournoient de rage avant de s’éteindre définitivement en s’écrasant sur ton amour-propre…

Tous ces verres à boire et à boire, à siffler d’une traite : ces gin-tonics, ces whiskys, ces bières brunes, blondes, rousses qui embrument ta conscience… Tout cet alcool qui coule dans tes veines jusqu’à ton foie en rivière sortie de son lit. Toutes ces ivresses du moment passées à rigoler, à pleurer de rire avachi dans un fauteuil ou sur le coin d’une table… Toutes ces soirées à fumer des clopes, à se remplir les poumons de merde, à s’essuyer le nez, à parler pour ne rien dire, à danser sur des musiques électro déjantées mais tellement envoûtantes… Une vraie libération des neurones qui s’éparpillent par milliers dans l’euphorie d’une petite parenthèse pour noctambules avertis !

Et toutes ces courtes périodes où tu t’évertues à rechercher la sagesse, la paix de l’esprit, le repos du guerrier, le nirvana, la zen attitude : ça t’énerve encore plus ! Pourtant, tu ne peux t’empêcher de persévérer dans cette voie. Il s’agit certainement de la seule manière pour toi de trouver un peu de calme et de réconfort. C’est un peu comme tous ces moments plongés dans les profondeurs d’un livre sentant bon le papier, dans l’intimité de ta chambre, enfin seul avec toi-même, allongé tranquillement sur ton lit ou sous la couette, c’est un vrai plaisir, quelle chance ! Les Anciens, les Modernes, Bob Morane, les charlatans de l’ésotérisme, les romantiques, les poètes et les autres ; tout y passe.

Et toutes ces nuits à veiller tard, très tard pour te réveiller très tôt, trop tôt ; tu aimes veiller mais dès les premières lueurs du jour, tu le regrettes déjà. La journée sera difficile ! Tu t’épuises frérot, take a break in the rush ! Prends soin de toi, préserve-toi, sinon qui le fera pour toi ? Personne ! C’est comme ton boulot qui te prend tout : tout ton temps, ta famille, tes parents, tes frères, tes sœurs, ta femme, tes enfants, ta jeunesse, tes loisirs… Tu trimes comme un esclave venant juste d’être affranchi par son bon maître. Le bon Bernie, lui ! l’a compris bien avant toi. Et il l’a hurlé, en chantant sur un son hard-rock de guitare électrique : « Tu bosses toute ta vie pour payer ta pierre tombale1… ». Putain de boulot qui te marque le front de ses rides à coups de burin ! Tu vois donc bien que je sais que tu es au bout du rouleau. Mais je t’en prie, relève-toi, debout mon Frère. Tu ne peux pas rester dans cette position, prostré, à genoux comme un animal blessé, avec ces yeux sans vie. Ces yeux marrons délavés par la boue, bleus pâles ou verts, qui te montrent que tout est noir. Non, tout ne l’est pas ! Crois-moi ! Et ne reste donc pas à genoux, je te l’ai déjà dit non ? sinon tu trouveras toujours que les autres sont grands. C’est une erreur, seul l’Homme est grand mais eux ne le sont pas – grands -, ils sont juste comme toi, des hommes. Alors debout brother ! Rappelle-toi donc cette phrase qu’un soir, en d’autres lieux, tu entendis sortir du néant pour la première fois :« Debout mon Frère, tu ne mettras plus jamais un genou à terre devant personne. Un homme vit debout et meurt debout ! » Fais-la tienne, inscris-la sur ton blason, sur ton bouclier, sur les murs de ton château, sur ton front et dans ton cœur. Et n’aie pas honte de bomber le torse, de te redresser, de respirer en gonflant la poitrine, de sourire avec tendresse et bienveillance, car on te regarde, on t’épie de derrière les volets… Et sois fier de toi, tu en as le droit ! »

1 Trust, Repression, Antisocial, LP album, France, CBS, 1980 .

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