Without God at Our Side…
« Quiconque trahit l’humanité, ne doit jamais être pardonné, Ce serait manquer nous-mêmes à l’humanité. […] En de tels moments, on évitera de trop penser à Jésus. Lui avait Dieu à ses côtés pour sauver l’humanité…»
Boualem Sansal
Né le 15 octobre 1949 à Theniet El Had, dans les monts de l’Ouarsenis, Boualem Sansal a longtemps été haut fonctionnaire au ministère algérien de l’Industrie avant de venir tardivement à l’écriture. Il est l’auteur d’une trentaine de romans, recueils de nouvelles et essais depuis 1999, et a reçu le grand prix du roman de l’Académie française en 2015 pour « 2084 », dystopie sur un totalitarisme religieux. Son œuvre, de Le Serment des barbares à Harraga, interroge sans relâche le pouvoir algérien et l’islamisme.
Arrêté à Alger le 16 novembre 2024, il est condamné en appel en juillet 2025 à cinq ans de réclusion pour des propos jugés attentatoires à l’unité nationale. Son incarcération provoque une grave crise diplomatique entre Paris et Alger. C’est finalement Berlin qui dénoue l’affaire : le président allemand Frank-Walter Steinmeier demande sa grâce, et le président algérien Abdelmadjid Tebboune y répond favorablement. Gracié le 12 novembre 2025 après environ un an de prison, il est aussitôt transféré en Allemagne pour y recevoir des soins médicaux.
Le 29 janvier 2026, l’Académie française l’élit au fauteuil de Jean-Denis Bredin, par vingt-cinq voix sur vingt-six votants.
Cette citation est tirée de la page 170 de La Légende (Grasset, 2026), où il raconte, dans un livre à la publication accélérée, sa colère et sa peine nées dans les geôles algériennes
John Ibonoco
“Anyone who betrays humanity must never be forgiven. To forgive would be to fail humanity ourselves. […] At times like these, it’s best not to think too much about Jesus. He had God at his side to save humanity…”
Boualem Sansal
Born on October 15, 1949, in Theniet El Had, in the Ouarsenis Mountains, Boualem Sansal spent many years as a senior official in Algeria’s Ministry of Industry before turning to writing late in life. Since 1999, he has published some thirty novels, short story collections, and essays. In 2015, he received the Académie française’s Grand Prix du Roman for 2084, a dystopian novel about religious totalitarianism. From Le Serment des barbares to Harraga, his work relentlessly questions Algeria’s ruling establishment and Islamism.
Arrested in Algiers on November 16, 2024, he was sentenced on appeal in July 2025 to five years in prison for remarks deemed to undermine national unity. His imprisonment triggered a major diplomatic crisis between Paris and Algiers. Berlin ultimately broke the deadlock: German President Frank-Walter Steinmeier requested a pardon, and Algerian President Abdelmadjid Tebboune agreed. Pardoned on November 12, 2025, after roughly a year behind bars, Sansal was immediately transferred to Germany for medical treatment.
On January 29, 2026, the Académie française elected him to the seat previously held by Jean-Denis Bredin, with twenty-five votes out of twenty-six cast.
This quotation appears on page 170 of La Légende (Grasset, 2026), a book rushed to publication in which he recounts the anger and anguish born of his time in Algerian prisons.
John Ibonoco