La chambre de l’oubli – Part. II
Tu t’es levée d’un coup, enfin,
du bord de ce lit où le temps s’était assis avec toi,
et le mur blanc n’a rien dit,
— les murs blancs ne disent jamais rien —
ils gardent tout,
c’est peut-être leur manière à eux d’aimer.
Tu as marché jusqu’à la fenêtre,
la nuit finissait doucement dehors,
comme finissent parfois les chansons tristes,
sur une note qu’on n’entend presque plus
mais qui résonne et continue en nous,
longtemps, très longtemps,
bien après le silence.
La chambre de l’oubli n’oublie rien, tu le sais,
— jamais —
elle range, inlassablement,
tes nuits, tes jours vécus avec lui,
elle les plie comme du linge propre,
elle les pose quelque part en toi,
là où tu n’iras plus les chercher chaque soir,
là où ils ne te feront plus mal
ou si peu,
un pincement parfois, au détour d’une rue,
d’un refrain, d’un parfum, de l’air du temps.
Tu n’as pas cherché d’issue cette fois,
tu as simplement ouvert la fenêtre, c’est tout,
et l’air du matin est entré
— vif, tonique et nouveau —
comme entre la vie quand on ne la retient plus.
Ne pars pas en silence, disait la chanson.
Ne pars pas en silence…
Mais toi, tu n’es pas partie :
tu es revenue vers toi,
comme on rentre chez soi
après un très long voyage.
Hier encore, tout était possible.
Ce matin, tout commence.
John Ibonoco – 2026/07
John Ibonoco est une voix discrète, entre mémoire et instant présent. À travers ce blog, il propose des textes brefs, des fragments poétiques, des réflexions douces. Il n’écrit pas pour être vu, mais pour être ressenti — convaincu que ce qui compte le plus, ce n’est pas qui écrit, mais ce que les mots éveillent en nous.
The Room of Forgetting – Part. II
You rose all at once, at last,
from the edge of that bed where time had sat down beside you,
and the white wall said nothing,
— white walls never say anything —
they keep everything,
maybe that’s their way of loving.
You walked to the window,
outside the night was ending softly,
the way sad songs sometimes end,
on a note you can barely hear
but that echoes on inside you,
long, so long,
well after the silence.
The room of forgetting forgets nothing, you know,
— ever —
it tidies, tirelessly,
your nights, your days lived with him,
folds them like clean linen,
lays them somewhere inside you,
where you won’t go looking for them anymore, night after night,
where they can’t hurt you now
or hardly,
a small ache sometimes, at the turn of a street,
a chorus, a perfume, something in the air.
You didn’t look for a way out this time,
you simply opened the window, that’s all,
and the morning air came in
— sharp, bracing, new —
the way life comes in when you stop holding it back.
Don’t go in silence, said the song.
Don’t go in silence…
But you, you didn’t go:
you came back to yourself,
the way one comes home
after a very long journey.
Yesterday, everything was still possible.
This morning, everything begins.
John Ibonoco – 2026/07
John Ibonoco is a quiet voice that drifts between memory and the present moment. Through this blog, he offers brief texts, poetic pieces, and soft reflections. He writes not to be seen, but to be felt — convinced that what matters most isn’t who writes the words, but what they awaken in you.
Merci pour tes textes John. Pas toujours évident non ps de continuer mais de recommencer !
J’aimeJ’aime
Hello Hélène,
Et même au quotidien, rien ne va de soi ou n’est acquis pour l’éternité. J’essaie de cultiver mes liens, mes amitiés et ma relation à l’autre au quotidien. C’est un vrai travail à plein temps et en fait, recommencer cela peut être aussi continuer avec l’autre, toujours le même autre. Recommencer pour mieux continuer.
Amitiés et bises
John
J’aimeJ’aime
sur nos blogs les liens à l’autre se limitent à des relations anonymes qui ne peuvent aller bien loin et c’est parfois dommage. Ils découlent d’une vraie démarche de recherche que l’on n’entame pas forcément ! la donne est incomplète 🙂
Bises et bonne fin de semaine
J’aimeAimé par 1 personne
Hello Hélène
Avec beaucoup de retard, je découvre ton message.
Tu as raison en ce qui concerne les liens ou relations anonymes que tu évoques. La blogosphère permet à la fois cette proximité par les mots et distanciation physique des personnes. En tous cas, je suis toujours très heureux quand tu me laisses un message. Toujours’
Bises Hélène
John
J’aimeJ’aime
C’est ici que je t’en laisse le plus : -) en d’autres endroits je suis sans commenter la plupart du temps ! Belle fin de semaine à toi? Bises
J’aimeAimé par 1 personne
Tu sais que j’apprécie chacun de tes passages. Je n’ai pas souvent le temps de toujours répondre ni même de l’avoir pour écrire tout simplement. Alors, j’apprécie d’autant plus tes commentaires. Bises et amitiés
J’aimeAimé par 1 personne