First train to Belfast !

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(Réédition de 2018)

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The Waterboys – Fisherman’s Blues

Dublin, 5h30. Le jour n’a pas encore vraiment envie de se lever. En ce samedi matin d’octobre, le temps est frais et pluvieux. La veille, à Lyon, il faisait beau et chaud avec une température l’après-midi de 27°C.

Le bus jaune de la ligne 41, bus à deux étages, arrive à l’heure. Le chauffeur, lui, a l’air réveillé malgré l’heure matinale. C’est plutôt rassurant car il doit nous conduire à la gare. Et se rendre du quartier de Whitehall à Connoly Station, c’est déjà l’aventure même si le trajet ne dure qu’une vingtaine de minutes. Les bus dublinois sont rustiques sans aucun confort. Les arrêts, mal indiqués, sont mentionnés sur un panneau afficheur en anglais et en gaélique. Quant aux itinéraires, ils ne comportent aucune explication. Enfin, lorsque l’on veut en descendre, il faut bien anticiper son arrêt surtout quand on est assis à l’étage. Le chauffeur freine brusquement et ne s’arrête que quelques secondes. Une chute dans l’escalier pourrait être dangereuse, alors prudence… En attendant d’arriver à destination, mon regard scrute machinalement les quartiers, parcs et jardins d’une ville encore inanimée qui défilent devant mes yeux dans la nuit d’une matinée naissante. Cette balade en bus est agréable et s’anime au fur et à mesure que l’on s’approche de Connoly Station. A chaque arrêt, des étudiants montent à bord, le sourire aux lèvres, armés de l’énergie de la vingtaine et de l’envie de dévorer le monde. Apparemment, nous avons tous le même but : passer le week-end à Belfast. L’Ulster nous attend et nous allons la rejoindre.

La gare de Dublin est encore quasi déserte excepté les jeunes aventuriers allemands, suédois, français, espagnols, italiens prêt à prendre le train en direction de l’autre Irlande, celle du nord, celle du Royaume-Uni. Et l’aventure est au bout du rail à quelque 142 kilomètres plus haut, le long de la côte. 2H15 de trajet à bord d’un train quasi grand luxe de la compagnie de chemin de fer irlandais Iarnród Éireann. A bord, une hôtesse passe très régulièrement avec son chariot – comme dans un avion – pour vous proposer des boissons ou des sandwichs. A chaque siège, une prise – en état – où l’on peut se connecter pour recharger son téléphone… à condition de bien avoir son adaptateur. Une prise fonctionnelle ! on est sauvés : Google Maps pourra continuer de faire fidèlement son office comme il s’y emploie tous les jours à Dublin quand il s’agit de se déplacer – il le fait d’ailleurs déjà au quotidien en ayant son siège social implanté ici. Le temps de l’émigration vers New York, l’Australie, l’Angleterre ou d’autres terres d’accueil est peut-être définitivement révolu…

Les heures s’écoulent tranquillement sans se presser tandis que les paysages côtiers se succèdent entre deux ou trois assoupissements. Nous approchons du but, c’est le dernier arrêt, le train ralentit pour entrer en gare de Belfast. Nos voisins de droite, un couple de personnes âgées se lèvent, et avant de descendre du train, se tournent vers nous. L’homme, dans un excellent français à l’accent britannique très prononcé nous déclare : « bienvenue en Irlande du Nord » ; ses yeux bleus sont perçants et sincères. Les Irlandais sont toujours aussi accueillants, affables et prêts à vous aider. Pour qui ne connaît pas ou a oublié, cette bienveillance naturelle est presque surprenante, et c’est génial. Cela fait du bien. Du chauffeur de taxi à l’inconnu de la rue, il y a toujours une âme prête à vous guider, à prendre quelques instants de sa vie pour vous aider.

Nous descendons du train. Le soleil pointe déjà son nez dans le ciel de Belfast même s’il fait frais avec un petit 13°C. Une horde d’étudiants et quelques Irlandais du Sud partent à la conquête de la capitale de l’Irlande du Nord. Certains prennent déjà les bus roses à deux étages, d’autres ont décidé de marcher. La journée s’annonce longue alors vers dix-sept ou dix-huit heures nous irons faire un tour au pub mais cela… est une autre histoire.

John Ibonoco

 

The Waterboys – Fisherman’s Blues

Dublin, 5:30 am. The day does not really want to get up yet. On this Saturday morning in October, the weather is cool and rainy. The day before, in Lyon, it was sunny and warm with an afternoon temperature of 27°C.

The yellow bus of line 41, a double-decker bus, arrives on time. The driver looks awake despite the early hour. It is rather reassuring because he must lead us to the station. And going from Whitehall to Connoly Station is already an adventure even if the trip only lasts about twenty minutes. The Dublin buses are rustic without any comfort. The stops are poorly indicated and are mentioned on a billboard in English and Gaelic. As for the itineraries, they have no explanation. Finally, when you want to get off, you have to anticipate your stop, especially if you are sitting on the floor. The driver brakes suddenly and stops only for a few seconds. A fall in the staircase could be dangerous, so be careful… While waiting to arrive at my destination, my eyes scan mechanically the districts, parks and gardens of a still inanimate city which parade in front of my eyes in the night of a new morning. This bus ride is pleasant and becomes more and more animated as we approach Connoly Station. At each stop, students board with smiles on their faces, armed with the energy of their twenties and the desire to devour the world. Apparently we all have the same goal: to spend the weekend in Belfast. Ulster is waiting for us and we are going to join it.

The Dublin station is still almost deserted except for the young German, Swedish, French, Spanish and Italian adventurers ready to take the train to the other Ireland, the one in the north, the one in the United Kingdom. And the adventure is at the end of the railroad some 142 kilometers further up the coast. 2 hours and 15 minutes of travel on board an almost luxurious train of the Irish railroad company Iarnród Éireann. On board, a hostess passes very regularly with her cart – as in a plane – to offer you drinks or sandwiches. At each seat, a plug – in good condition – where you can connect to recharge your phone… provided you have your adapter. A working socket! We are saved: Google Maps will be able to continue to do its job faithfully as it does every day in Dublin when it comes to moving around – it already does it on a daily basis by having its headquarters here. The time of emigration to New York, Australia, England or other lands of welcome is perhaps definitively over…

The hours pass quietly without hurrying while the coastal landscapes follow one another between two or three dozes. We are approaching the goal, it is the last stop, the train slows down to enter Belfast station. Our neighbors on the right, an elderly couple, get up and turn to us before getting off the train. The man, in excellent French with a very pronounced British accent, declares: « Welcome to Northern Ireland »; his blue eyes are piercing and sincere. The Irish are always so welcoming, affable and ready to help you. For those who don’t know or have forgotten, this natural benevolence is almost surprising, and it’s great. It feels good. From the cab driver to the stranger on the street, there is always a soul ready to guide you, to take a few moments of his life to help you.

We get off the train. The sun is already showing its nose in the sky of Belfast even if it is cool with a little 13°C. A horde of students and some Irish from the South are leaving to conquer the capital of Northern Ireland. Some of them are already taking the pink double-decker buses, others have decided to walk. The day is going to be long, so around five or six o’clock we will go to the pub but that… is another story.

John Ibonoco

10 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Je garde un souvenir contrasté de Belfast. J’ai trouvé qu’il y avait encore une atmosphère, comme d’après-guerre.
    Mais j’aime ce récit qui me ramène à ce pays si cher à mon coeur.
    Merci John.

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    1. ibonoco dit :

      Merci Marie. Ce récit date d’il y a déjà trois ans. Depuis le Brexit, le climat a un peu changé. Espérons que demain nous réserve encore de belles journées en Ulster.
      Amicalement
      John

      Aimé par 1 personne

  2. juliette dit :

    la musique est chouette et ton récit aussi John !
    ça me donne encore plus envie d’y aller , ça fait des années que j’ai envie …un jour peut être 😊
    Bonne soirée

    Aimé par 1 personne

    1. ibonoco dit :

      Bonjour Juliette,

      Il faut absolument s’y rendre. J’ai adoré Dublin, les villages sur la côte non loin de la capitale et Belfast. Les gens sont très accueillants.
      Bonne journée
      John

      Aimé par 1 personne

      1. juliette dit :

        il y a tellement d’endroits avec des gens accueillants que j’aimerais visiter 😉

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        1. ibonoco dit :

          Il nous reste encore tant et tant de lieux et de personnes à rencontrer

          J'aime

  3. marie dit :

    Bonjour John, merci pour ce texte qui donne effectivement envie d’y aller, sauf que pour moi, c’est trop tard, mais grâce à toi j’imagine et c’est déjà très bien. et puis je ne risque pas de tomber quand le bus freinera brutalement. Bisous MTH

    Aimé par 1 personne

    1. ibonoco dit :

      Bonsoir Marie,
      Il faut bien s’accrocher et ne pas tomber. Je vois que tu m’as bien suivi dans mon périple.
      Bisous Marie
      Passe une belle soirée
      Amitiés
      John

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  4. colettedc dit :

    Bonjour John,
    Je ne connais pas, mais magnifiquement bien écrit et si agréable de lecture !
    Bon week-end,
    Amitiés 😘

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    1. ibonoco dit :

      Bonjour Colette,
      Merci de tes mots.
      C’est un magnifique pays, agréable, accueillant.
      Bon week-end 😊
      Amitiés
      John

      Aimé par 1 personne

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