Bob, reviens !

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Bob reviens ! Allez, déconne pas, reviens ! Reviens me voir le soir, encore une fois, une toute petite fois, juste une petite dernière fois, comme avant. Reviens… comme tu savais si bien le faire pendant ces après-midi où tout s’arrêtait pour ne laisser place qu’à l’imaginaire derrière les rideaux d’une chambre qui s’ouvraient sur des aventures et des paysages fantastiques. Pourquoi ne veux-tu pas revenir ? Pourquoi ne peux-tu pas revenir ? Parce que j’ai grandi ? Parce que je ne sais plus te trouver au fond de ma bibliothèque, étouffé par tous ces autres bouquins trop gros, trop sérieux ?

Oui, j’ai grandi depuis longtemps, c’est vrai ! Mais tout le monde grandit. Tout le monde prend des rides, et s’oublie peu à peu pour disparaître jour après jour comme des vaguelettes effaçant toute trace ou empreinte sur le sable. Oui, je ne suis plus un ado, c’est encore vrai ! Et alors, ce n’est pas une raison suffisante pour me prendre trop au sérieux et penser que tu n’es plus digne de me proposer quelque moment d’évasion. Je ne pense plus à toi tous les jours, là encore c’est vrai ! Mais cela ne te donne pas le droit de me faire ça. Tu ne peux pas disparaître sans un mot, sans un dernier numéro, sans une dernière bagarre avec Monsieur Ming, sans partager avec Bill et moi une dernière gorgée de ce bon vieux whisky Zat 77…

Reviens, tu me manques tellement. On en a pris du bon temps ensemble et pendant des années Oui et quelles années ! Les plus belles dans la vie d’un enfant insouciant qui ne demande qu’à découvrir le monde et ses aventures. Ces années éternelles que l’on ne pense jamais perdre mais qui pourtant s’envolent au premier coup de vent soufflé par une vie active un peu trop active. On ne revient pas en arrière mais toi, Bob, tu es le seul à savoir le faire alors, emmène-moi juste le temps d’un battement de paupière au-delà du temps. Allez Bob, appelle ton pote Bill, ton amie la journaliste Miss Paramount et Tania, la nièce de Monsieur Ming qui t’aime en secret. Emmène-moi encore faire le tour du monde le temps de quelques pages qui sentent bon le vieux papier. Emmène-moi dans l’espace ou à la rencontre de la Patrouille du temps combattre l’Ombre jaune. Fais-moi encore rêver d’aventures extraordinaires à l’autre bout de la planète, planqué sous mes draps à te suivre dans la jungle avec Bill alors que l’heure du couché est depuis longtemps dépassé…

Alors aujourd’hui, tel un sorcier vaudou dansant autour du feu, je t’invoque et te convoque. Et aujourd’hui, je prie. Je prie pour que tu réveilles l’enfant qui est en moi et pour que de nouveau le rêve, l’imaginaire et l’évasion refassent leur nid dans un coin de mon esprit.

Merci Henri Vernes de m’avoir fait rêver.

9 commentaires Ajouter un commentaire

  1. J’ai l’impression d’entendre Brel chanter! Une prière, une supplique telles celles de ces deux sublimes, monumentales chansons, tant l’émotion qui les anime est vibrante, vivante, aimante, et dans lesquelles les oripeaux tombent pour ne laisser place qu’à l’humain dans son émotion pure, dans sa vulnérabilité : « Jeff » et « Ne me quitte pas », et si votre texte a pris cette tournure pour moi, mais peut-être que j’extrapole aussi, c’est qu’il est écrit avec la même émotion, la même tendresse, la même dévotion. Tout peut vieillir, mais l’émotion, elle, restera éternellement jeune, et peut-être suffirait-il parfois de laisser le pas à ses émotions plutôt qu’à sa raison ? La question reste posée. Merci Ibonoco. Et allez, encore un petit extrait de Brel cette fois-ci qui me semble aller dans le même sens :

    On a vu souvent/ Rejaillir le feu/ De l’ancien volcan/ Qu’on croyait trop vieux
    Il est paraît-il/ Des terres brûlées/ Donnant plus de blé/ Qu’un meilleur avril
    Et quand vient le soir/ Pour qu’un ciel flamboie/ Le rouge et le noir/ Ne s’épousent-ils pas

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    1. ibonoco dit :

      Merci. L’émotion, c’est souvent la seule richesse que noua ayons vraiment.

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      1. Et la plus précieuse manifestation de vie.

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  2. Bel hommage aux héros de notre enfance 🙂

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  3. equinoxio21 dit :

    Henri Vernes aura cent ans demain. Souhaitons-lui de les passer en bonne santé. (Pendant ce temps, je relis tous mes Bob Morane, et j’ai trouvé sur les quais « Le Président ne mourra pas! Yes!)

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    1. ibonoco dit :

      Quai de la Pêcherie, j’en trouve également…

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      1. equinoxio21 dit :

        Presque en face de Fourvière? Faut pas hésiter alors…

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