I hear my city…

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(Réédition du 26 septembre 2018 et du 9 octobre 2019)

J’ENTENDS LA VILLE

Cet été de canicule à Lyon m’a donné l’occasion, outre celle de suer sang et eau, d’écouter la ville avec encore plus d’intensité que d’habitude et de la regarder avec un œil neuf.

Alors que mon appartement est pourtant doté de murs épais datant du 18ème et de jalousies, impossible ce mois d’août de maintenir une once d’espace ventilé ! Je me mis dans l’idée de chercher un peu de fraîcheur sur une terrasse du côté de la place de la Baleine.

Il est vrai que je ne prends jamais le temps de souffler, encore moins à Ainay et que mes journées sont souvent, comme nombreuses de mes congénères, proches de la course d’obstacles …voire du marathon. Et pourtant là, j’ai pris le temps de siroter un coca zéro du côté de la Saône, j’ai laissé flotter mon esprit et j’ai regardé autour de moi ce qui se tramait…

Lyon est une ville très particulière pendant les vacances, elle me rappelle le Paris que j’ai connu dans les années 90. J’aime la variété de langues étrangères ou familières que l’on entend, réaffirmant encore, s’il le fallait, sa nature métropolitaine et cosmopolite. Pour autant, elle se vide par à-coups de ses habitués et de ses voitures comme un flux sanguin qui s’échapperait peu à peu de son propre corps. Elle laisse apparaître de temps à autre son bitume tel un ventre qui se dénude à mesure de la libération des places de stationnement. Tout est fermé ou presque comme un dimanche de Saint Nicolas à Strasbourg : pas un commerce pour accueillir le Lyonnais ! Il faut alors faire des kilomètres ou presque pour acheter sa baguette de pain sous une chaleur accablante et silencieuse.

Si la ville baisse résolument son niveau sonore l’été, dans le même temps, elle est truffée de multiples chantiers et de travaux de voirie qui vous sifflent dans les oreilles et vous rallongent les parcours en bus et tramways. Véritable parcours du combattant, comme celui qui va du centre de Lyon vers sa banlieue Est ou vice et versa. Le périphérique n’est pas en reste, il ne donne pas sa part au lion avec tous ses travaux nocturnes engendrant déviations sur déviations. On ferait presque le tour du monde alors que l’on a à peine deux kilomètres de circulation la journée.

Et la nuit ! quand il fait des températures aussi élevées, la nuit, on retrouve dans le ciel la rassurante couleur de bleu du peintre Poussin qui nous remplit de bonheur et qui nous fait oublier la chaleur étouffante. Le même bleu que l’on retrouve à Marseille et à Athènes. La méditerranée est aux portes de Lyon, on sentirait presque le thym et l’olivier, d’ailleurs cela fait quelques années que l’on entend les cigales.

Puis le début du mois de septembre est arrivé si vite avec son odeur de protège cahier et de cartable neuf, sa couleur ocre bien particulière de fin de journée d’été, sa saveur de raisin.

Il suffit d’observer Lyon de l’intérieur quand on prend le métro le matin. Ça y est, la ville reprend ses esprits, elle regorge à nouveau de ses fidèles passants et émet de doux bruits d’agitation familiale sur les coups de 8h ou 8h30 du matin.

On aperçoit des enfants encore vêtus de leurs habits d’été accompagnés d’une maman en tenue estivale et en sandales ou d’un papa en pantalon de toile et en chemise légère parfois sur une trotte ou doté de vélo.

Les habitudes et les cycles de la vie de tous les jours reprennent à la rentrée mais ce qui est frappant c’est que tout est sérieux ici sans que jamais l’on ne se prenne au sérieux.

C’est ma énième rentrée, mon cartable est toujours sur mes épaules, je croise des écoliers qui me rappellent les temps où mes fils étaient des petits garçons.

Et cette fois, il n’y a ni pluie ni pavés tristes, je suis portée par la sensualité de cette ville chargée d’Histoire et d’histoires, adieu tristesse.

Ibanaca

 

 

I HEAR THE CITY

This hot summer in Lyon gave me the opportunity, in addition to sweating blood and water, to listen to the city with even more intensity than usual and to look at it with a new eye.

While my apartment has thick 18th century walls and jealousies, it is impossible this August to maintain an ounce of ventilated space! I got the idea of looking for a little freshness on a terrace on the side of the Place de la Baleine.

It is true that I never take the time to take a break, even less in Ainay and that my days are often, like many of my colleagues, close to the obstacle course… or even the marathon. And yet there, I took the time to sip a zero coca on the Saône side, I let my mind float and I looked around me what was going on….

Lyon is a very special city during the holidays, it reminds me of the Paris I knew in the 90s. I like the variety of foreign or familiar languages we hear, reaffirming again, if necessary, its metropolitan and cosmopolitan nature. Nevertheless, it empties itself by jerks of its regulars and cars like a blood flow that would gradually escape from its own body. From time to time, she reveals her asphalt like a belly that becomes bare as the parking spaces become free. Everything is closed or almost closed like a Sunday from Saint Nicolas to Strasbourg: not a business to welcome the Lyonnais! It takes almost kilometres to buy your baguette in the oppressive and silent heat.

If the city resolutely reduces its noise level in summer, at the same time, it is full of multiple construction sites and road works that whistle in your ears and lengthen your bus and tram routes. A real obstacle course, like the one that goes from the centre of Lyon to its eastern suburbs or vice versa. The peripheral is not to be outdone, it does not give its share to the lion with all its night work generating deviations on deviations. We would almost go around the world when we have barely two kilometres of traffic during the day.

And at night! When it is so hot, at night, we find in the sky the reassuring color of blue of the painter Poussin which fills us with happiness and makes us forget the stifling heat. The same blue as found in Marseille and Athens. The Mediterranean is at the gates of Lyon, you can almost smell the thyme and olive tree, and you’ve been hearing the cicadas for a few years now.

Then the beginning of September arrived so quickly with its smell of notebook protection and new schoolbags, its very particular ochre colour at the end of the summer day, its grape flavour.

Just observe Lyon from the inside when you take the metro in the morning. That’s it, the city comes to its senses, it’s full of loyal passers-by again and makes soft noises of family unrest on the 8:00 am or 8:30 am blows.

We see children still dressed in their summer clothes accompanied by a mother in summer clothes and sandals or a father in canvas pants and light shirt sometimes on a trot or equipped with a bicycle.

The habits and cycles of everyday life resume in the new school year, but what is striking is that everything is serious here without ever being taken seriously.

It’s my umpteenth day back, my schoolbag is still on my shoulders, I meet schoolchildren who remind me of the days when my sons were little boys.

And this time, there is no rain or sad paving stones, I am carried by the sensuality of this city full of history and stories, farewell sadness.

Ibanaca

10 commentaires Ajouter un commentaire

    1. ibonoco dit :

      Thank you Angel 😀

      J'aime

  1. Joli portrait d’une ville, bonne rentrée !

    Aimé par 1 personne

    1. ibonoco dit :

      Merci Marie-Christine,
      C’est le retour…

      J'aime

  2. Maux&Cris dit :

    Très joli texte sur notre belle ville de Lyon. Je me souviens d’un été 1976 où la canicule avait sévi. Daniel Pennac y faisait allusion dans l’un de ses romans.
    Il contait la Place des Terreaux et racontait qu’un pigeon tombait d’un toit, frappé par la chaleur, en faisant « schlonk ».
    Puis, plus tard dans son récit, il restituait la même canicule du seul « schlonk ».

    Les grandes villes, délaissées par leurs habitants en quête de mer, de montagne ou de verdure, sont tout autre.

    Plus jeune, habitant en banlieue parisienne, je profitai des petits matins du calme dimanche matin pour me véhiculer près du Périphérique, chausser mes rollers et me balader, seul dans les grandes rues vides.

    J’ai un très bon souvenir de ces balades solitaires et pleines de découvertes.

    L’été ne serait-il pas le seul moment pour vivre les grandes villes ?

    Merci pour ce texte et bonne semaine.

    Merci John.

    Aimé par 2 personnes

    1. ibonoco dit :

      Merci de tes mots Régis,
      Lyon est une superbe ville où il fait bon vivre. Elle a un coeur avec un pouls qui bat au rythme des saisons, des rentrées scolaires, soirées étudiantes, festivals, déambulations dans les traboules….

      Merci a toi encore d’avoir apprécié les mots de l’auteur de ce texte.

      Amitiés
      John

      Aimé par 1 personne

  3. Gh0ST dit :

    Joli Lyon, déjà juste le nom fait rêver. Merci du partage.
    Amitié Miriam (vous me feriez plaisir de m’appelez Miriam plutôt que Ghost)
    bonne rentrée tout également.

    Aimé par 1 personne

    1. ibonoco dit :

      Bonjour Miriam, avec plaisir.
      Bonne journée… avec un peu de retard.
      Amitiés
      John

      Aimé par 1 personne

  4. Gh0ST dit :

    Merci beaucoup John 😊

    Aimé par 1 personne

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