In Techno Music We Trust !

(Réédition)

Nous avions soif de fête ! Nous avions faim ! Nous ne pensions qu’à la fin de la semaine et aux sorties. Les autres soirs, les places pour noctambules avertis de Lyon nous retenaient également tard dans la nuit. On trouvait toujours des pubs comme le Look Bar, la Vieille Rhumerie, le Florian ou le Chantaco sur les quais – qui avaient la permission de nuit, trois heures du matin en semaine, cinq heures le week-end – pour nous accueillir chaleureusement. Du côté de la Place Bellecour, de la rue Gasparin ou de celle des Marronniers, on avait aussi nos points de chute avec Le Champage 16 ou L’Empika. Nous passions de l’un à l’autre, selon la clientèle présente, l’ambiance ou le soir de la semaine. La nuit à Lyon, il existait pourtant une autre vie, moins classique, plus tournée vers Détroit, Chicago, Berlin, Francfort ou Berlin. Une vie tournée vers l’avenir, vers de nouvelles expériences et aventures, loin de ces comptoirs usés par les coudes de tous ces alcooliques, nous attendaient.

L’Exit, quai Saint-Vincent, avec ses platines vinyles, sa musique techno, sa machine à fumée, ses verres de Margarita, était un petit bar où toute une faune socioculturellement différente se retrouvait autour d’une même passion : la musique électronique. Tout le reste – le boulot, la thune… – ne comptait plus. La techno gommait les inégalités sociales et transcendait les écarts générationnels le temps d’un ou deux mixes. Le riche frayait avec le pauvre, l’ouvrier avec l’étudiant, le vieux avec le jeune, l’hétéro avec le gay, le flic avec l’apprenti voyou… jusqu’à une heure du matin en semaine. Ensuite, il fallait bien trouver un autre asile ou rentrer, mais la nuit avait toujours tendance à dépasser ses propres limites, toujours à la recherche d’une aube nouvelle, d’un jour nouveau. Et on en a vu des descentes de police à L’Exit : elle ne plaisante ni avec les horaires de fermeture ni avec la drogue. Techno étant synonyme de produits stupéfiants, les forces de l’ordre cherchaient toujours un prétexte pour réaliser l’affaire du siècle : un ecsta ou un gramme de coke… De toutes les façons, sortir en semaine, pour nous, c’était juste un moyen comme un autre d’arriver au week-end. C’était peut-être simplement une façon de se placer hors du temps, de ne pas ressembler au commun des travailleurs, au lève-tôt, à toute cette majorité de personnes qui prend le métro le matin. La perspective d’une vie de labeur ne nous intéressait pas. Cela nous effrayait même. Travailler toute sa vie, fonder une famille, avoir des enfants puis devenir vieux sans même sans s’en être rendu compte, quelle aventure ! On avait bien le temps pour ce genre d’affaires ennuyeuses. La vingtaine à peine entamée, nous avions faim de vivre autre chose que le train-train d’un quotidien déjà lassant. Nous avions besoin de respirer, sentir, courir, baiser, croire encore, espérer encore, rêver toujours. Nous voulions sentir la vie en nous et autour de nous, la sentir violente de passion, la ressentir folle d’entrain et de joie. Quoi de plus normal à notre âge que de vouloir la croquer à pleines dents !

Pour autant, la conjoncture économique n’était pas vraiment géniale, le climat ambiant morose finissait par nous user, par nous saper le moral. Ce début des années 90 avait été très mauvais économiquement : service militaire obligatoire, chômage, récession, chômage, chômage et intérim ; pas de quoi vraiment bander, de voir la vie en rose tous les jours. Même avec deux DEA en droit, que pouvait-on espérer ? Travailler comme collaborateur dans un cabinet d’avocat et être payé au dossier ? Bosser dans un magasin de fringues, apprendre à plier les pantalons et les chemises, au prix du SMIC pour 5 500 francs par mois ? Les illusions des années 70-80, d’un avenir meilleur que celui de nos parents s’évanouissaient sur fond de crise ; vraiment pas de quoi bander comme un âne ! S’il n’y avait pas eu l’avènement d’une nouvelle ère musicale née dans les années 80 aux États-Unis, on aurait pu croire qu’il faisait gris sur nos petites têtes toute l’année. La musique techno avait été la révélation de ce début de décennie. Le rock était mort ! Vive la house et la techno music ! Le rock était mort. Il était enfin temps de retrouver un peu de créativité musicale, celle des Kraftwerk… Il était enfin temps de remettre un peu de folie rythmique, tribale comme au carnaval de Rio, d’emprunter à la house et à la communauté gay son espoir en la vie alors que tous les jours le SIDA frappait aveuglément.

Alors, dès le vendredi soir, nous voulions sortir, trouver la bonne soirée, la meilleure soirée de Lyon ou de ses environs : Grenoble, Chambéry et Annecy. Il nous fallait du son, du nouveau son, du DJ, du bon DJ. S’éclater tout le week-end en écoutant des sons, des mixes, un bon DJ ou un bon live, tel était notre mission. On voulait la fête, la vraie fête, celle qui t’emporte au-delà de la nuit, vers le petit matin que tu traverses en courant et en respirant profondément à pleins poumons jusque dans l’après-midi. Aucune interruption temporelle : la veille, le soir, la nuit, le petit matin, la journée et l’après-midi se confondaient en un tout, en un seul moment de vie quasi spirituel qui te donnait l’impression de ne plus être là par hasard. Tu n’étais plus le spectateur d’un destin morne et insipide que ta condition sociale avait déjà tracé pour toi. Cette dernière n’existait plus, n’était plus un repère, seule la musique devenait la référence commune de tout un groupe.

Musicalement, le début des années 90, quelle époque ! La chute du mur de Berlin en 1989 avait déclenché une onde de choc répandant un vent de liberté sur la tête de toute une jeunesse en Europe. C’était une jeunesse euphorique, libre, dansant sur des beats électroniques, sur des nappes de synthétiseurs, sur les sons acides de la Rolland TB303 et les rythmes de la TR808. Une jeunesse dansant toute la nuit, le matin, à midi et le soir parfois pendant plusieurs jours, afters sur afters. Berlin une ville où il faisait bon penser au futur, oublier le SIDA et communier avec son voisin alors que le DJ mixait un set transe. Au Royaume-Uni, la jeunesse se sentait abandonnée par la Dame de Fer. On était passé du punk à la new-wave et voilà que la déferlante techno submergeait tout et devenait irrépressible. Tout comme le rock, elle devint un mouvement de résistance et d’affirmation de toute une population dans un pays en forte récession économique. Les raves devinrent l’expression de cette révolte face aux pouvoirs publics. Une révolution musicale était en marche. Un groupe comme Freur avec son célèbre titre Doot Doot changeait de nom pour devenir le plus célèbre groupe anglais de musique électronique : Underworld. A Francfort sur le Main, en Allemagne, on assistait également au même phénomène avec Sven Väth, ancien chanteur du Groupe OFF qui avait sorti un tube : Elektica Salsa.

En France, les soirées techno, les raves explosent un peu de partout : dans des entrepôts désaffectés ou en plein air et quelques boîtes obscures comme l’Hypnotik sur les pentes de la Croix-Rousse, la Pyramide ou le Zoo, rue Mercière à Lyon. La techno est underground, elle résiste encore à l’appel du marché et aux tentations de produire de la daube comme toute cette merde « dance » que l’on retrouve sur la bande FM. Elle n’a pas encore été kidnappée par les clubs. Il faudra attendre la fin des 90’S et la vague de répression qui ont frappé les raves pour que les raveurs ne soient transformés en clubbeurs. Des scènes techno, house et électro naissent un peu de partout. Lyon n’échappe pas à cette vague techno même si les patrons de boîtes de nuit luttent activement contre le principe des raves ou des grandes soirées. On retrouve DJ. Karma rue Lanterne à la Pyramide, mais aussi Milosh, P. Moore, Les Twins, Nimo en d’autres lieux En 1993, on compte plus de 3000 personnes à la Marathon Rave tandis que Carl Cox officie aux platines, dans un hangar à Meyzieu. En 1994, la Cosmic Energy rassemble plus de 9000 personnes à la Halle Tony Garnier, une des plus grandes raves jamais organisées en France. Lyon ne connaîtra plus avant longtemps un tel phénomène. La répression se fait sentir : la rave Polaris prévue à la halle Tony Garnier est annulée en février 1996.

Les autres villes françaises connaissent également cet engouement pour la musique techno. On mixe aussi à Grenoble avec Miss Kittin, à Montpellier avec Max Le Salle Gosse, à Marseille avec Jack de Marseille, Manu le Malin et Garnier à Paris. Ca joue ça groove, ça fait la teuf, des soirées, des afters… N’importe quel illustre inconnu pouvait s’acheter deux platines technics MK2 SL 1200 ou 1210, une table de mixage, un casque et commencer à apprendre à mixer et devenir la nouvelle star locale. C’était aussi ça la magie de la techno : deux platines, une table et des vinyles, des putains de bons vinyles que l’on croyait foutus, dépassés, remplacés par les cds…

In Techno We Trust.

 

 

We were thirsty for a party! We were hungry! All we could think about was the end of the week and the outings. The other evenings, the night owl tickets from Lyon were also keeping us late at night. There were always pubs like the Look Bar, the Vieille Rhumerie, the Florian or the Chantaco on the quays – which had night-time permission, three o’clock in the morning during the week, five o’clock at the weekend – to give us a warm welcome. On the side of Place Bellecour, rue Gasparin or rue des Marronniers, we also had our drop-off points with Le Champage 16 or L’Empika. We went from one to the other, depending on the clientele present, the atmosphere or the evening of the week. At night in Lyon, there was however another life, less classical, more oriented towards Detroit, Chicago, Berlin or Frankfurt. A life turned towards the future, towards new experiences and adventures, far from those counters worn out by the elbows of all those alcoholics, were waiting for us.

L’Exit, Quai Saint-Vincent, with its vinyl turntables, techno music, smoke machine, margarita glasses, was a small bar where a whole different socio-cultural fauna gathered around the same passion: electronic music. Everything else – the job, the money… – didn’t matter anymore. Techno erased social inequalities and transcended generational differences for a couple of mixes. The rich man was mixing with the poor man, the worker with the student, the old man with the young man, the straight man with the gay man, the cop with the rogue apprentice… until one o’clock in the morning on weekdays. After that, they had to find another asylum or go home, but the night always tended to go beyond its own limits, always looking for a new dawn, a new day. And we’ve seen police raids at L’Exit: she doesn’t joke about closing hours or drugs. Techno being synonymous with narcotics, the police were always looking for a pretext to make the deal of the century: an ecsta or a gram of coke… Anyway, going out during the week was just another way for us to get to the weekend. Maybe it was just a way to be out of time, to not look like the common worker, the early riser, the majority of people who take the subway in the morning. The prospect of a life of hard work did not interest us. It even frightened us. Working all one’s life, starting a family, having children and then getting old without even realizing it, what an adventure! There was plenty of time for that kind of boring business. In our early twenties, we were hungry to experience something other than the routine of an already boring daily life. We needed to breathe, to feel, to run, to fuck, to believe again, to hope again, to dream again. We wanted to feel the life in us and around us, to feel it violent with passion, to feel it crazy with enthusiasm and joy. What could be more normal at our age than to want to bite into it!

However, the economic situation wasn’t really great, and the gloomy climate was wearing us down, undermining our morale. The beginning of the 90s had been very bad economically: compulsory military service, unemployment, recession, unemployment and temping; not much to get hard, to see life in the pink every day.Even with two DEAs (university degrees) in science and law, what could we expect? Working as an associate in a law firm and getting paid on the case? Working in a clothes shop, learning to fold trousers and shirts, at the price of the minimum wage for 5,500 francs a month? The illusions of the 70s and 80s, of a better future than our parents’, were fading away against the backdrop of a crisis; really not enough to get hard as a donkey! If it hadn’t been for the advent of a new musical era born in the 80s in the United States, we might have thought it was grey on our little heads all year round. Techno music had been the revelation of the beginning of the decade. Rock was dead! Long live house and techno music! Rock was dead. It was finally time to put back some of the Kraftwerk’s musical creativity… It was finally time to put back some of the rhythmic, tribal, carnival-style madness of Rio, to borrow from house and the gay community its hope for life when every day AIDS was striking blindly.

So, from Friday night, we wanted to go out, find the right night, the best night in Lyon or its surroundings: Grenoble, Chambéry and Annecy. We needed sound, a new sound, a DJ, a good DJ. Having fun all weekend listening to sounds, mixes, a good DJ or a good live, that was our mission. We wanted the party, the real party, the one that takes you beyond the night, into the early morning that you run through and breathe deeply.

So, from Friday evening, we wanted to go out, find the right evening, the best evening in Lyon or its surroundings: Grenoble, Chambery and Annecy. We needed sound, new sound, DJ, good DJ. Having fun all weekend listening to sounds, mixes, a good DJ or a good live, that was our mission. We wanted the party, the real party, the one that takes you beyond the night, into the early morning that you run through and breathe deep into your lungs until the afternoon. No temporal interruption: the night before, the evening, the night, the early morning, the day and the afternoon merged into one whole, into one single moment of almost spiritual life that made you feel as if you were no longer there by chance. You were no longer the spectator of a dull and insipid destiny that your social condition had already traced out for you. The latter no longer existed, was no longer a landmark, only the music became the common reference of a whole band.

Musically speaking, the beginning of the 90s, what an era! The fall of the Berlin Wall in 1989 had sent shockwaves of freedom through the heads of a whole generation of young people in Europe. It was a euphoric, free youth, dancing on electronic beats, on synthesizers, on the acid sounds of the Rolland TB303 and the rhythms of the TR808. A youth dancing all night long, in the morning, at noon and in the evening sometimes for several days, afters on afters. Berlin, a city where it was good to think about the future, forget about AIDS and commune with your neighbour while the DJ was mixing a trance set. In the United Kingdom, young people felt abandoned by the Iron Lady. We’d gone from punk to new-wave and now the techno wave was overwhelming everything and becoming irrepressible. Just like rock, it became a movement of resistance and affirmation of an entire population in a country in deep economic recession. The raves became the expression of this revolt against the authorities. A musical revolution was underway. A band like Freur with its famous track Doot Doot changed its name to become the most famous English electronic music band: Underworld. In Frankfurt am Main, Germany, we were also witnessing the same phenomenon with Sven Väth, former singer of the OFF Group who had released a hit: Elektica Salsa.

In France, techno parties and raves explode everywhere: in disused warehouses or in the open air and some obscure clubs like Hypnotik on the slopes of Croix-Rousse, the Pyramid or the Zoo, rue Mercière in Lyon. Techno is underground, it still resists the call of the market and the temptations to produce crap like all that « dance » shit you find on the FM band. It hasn’t been kidnapped by the clubs yet. We’ll have to wait until the end of the 90’s and the wave of repression that hit the raves for the ravers to be turned into clubbers. Techno, house and electro scenes were born everywhere. Lyon did not escape this techno wave even if nightclub owners actively fought against the principle of raves or big parties. We find DJs again. Karma rue Lanterne at the Pyramide, but also Milosh, P. Moore, Les Twins, Nimo in other places… In 1993, there were more than 3000 people at the Marathon Rave while Carl Cox played the turntables in a hangar in Meyzieu. In 1994, Cosmic Energy gathered more than 9000 people at the Halle Tony Garnier, one of the biggest raves ever organized in France. Lyon will not experience such a phenomenon for a long time to come. The repression is felt: the Polaris rave planned at the Halle Tony Garnier is cancelled in February 1996.

Other French cities also experienced this craze for techno music. We also mixed in Grenoble with Miss Kittin, in Montpellier with Max Le Salle Gosse, in Marseille with Jack de Marseille, Manu le Malin and Garnier in Paris. It’s all about groove, partying, parties, afters… Any illustrious unknown could buy two MK2 SL 1200 or 1210 techno decks, a mixing desk, headphones and start learning to mix and become the new local star. That was also the magic of techno: two decks, a mixer and vinyl records, fucking good vinyl records that we thought were fucked up, outdated, replaced by cds…

In Techno We Trust.

11 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Dans les années 80 je faisais mes études, très ou trop sérieuse et je dois avouer que je n’ai pas accroché à cette vague de la musique électro. Mais toi tu sembles en avoir bien profité …
    belle journée et amitiés John.

    Aimé par 1 personne

    1. ibonoco dit :

      Bonsoir Catherine
      J’ai pas mal étudié aussi et bossé le soir comme beaucoup pour avoir plus d’argent de poche.
      J’ai ainsi pu rencontrer différentes personnes et milieux. Ce furent de belles années. Aujourd’hui, il m’arrive de regretter cette insouciance ambiante, entre études et jeunesse.
      Amitiés Catherine 😊
      John

      Aimé par 1 personne

      1. Il me semble, et ce n’est que mon avis, qu’il ne sert à rien d’avoir des regrets. Peut être mieux vaut il les considérer comme de bons souvenirs ? Parce que chaque âge apporte son lot de satisfactions !

        Aimé par 1 personne

        1. ibonoco dit :

          Tu as raison Carherine mais il m’est souvent difficile de mes émotions
          Merci de ta sollicitude qui me touche.
          Belle et douce soirée
          John

          Aimé par 1 personne

  2. Que de souvenirs! Comme la personne du premier commentaire, moi aussi je faisais des études très prenantes et je ne m’intéressais pas pas particulièrement aux nouvelles musiques!

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    1. ibonoco dit :

      Bonsoir Marie-Christine,
      J’ai découvert cette musique par « accident » et ainsi je suis allé à la rencontre de tout un monde.

      J'aime

  3. Dominique dit :

    Moi dans les années 80… houlala !… non, rien.
    Si : j’étais plutôt branchée jazz, blues et reggae.
    Parfois tu dis que tu es « vieux », mais nom d’une pipe je parie que tu trouves le moyen d’être plus jeune que moi ! (en tout cas en matière de goûts musicaux !)

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    1. ibonoco dit :

      Tu as raison Dominique s’agissant de l’âge 😉. J’aime également le jazz et tant d’autres genres.

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  4. colettedc dit :

    … et, il est passé si vite, ce temps !!!
    Bon mercredi John,
    Amitiés ❤

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    1. ibonoco dit :

      Un peu trop vite. A présent, j’essaie de le piéger dans mes filets.
      Bon mercredi Colette
      John

      Aimé par 1 personne

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