SCHISME
Je savais que les pièces s’emboîtaient
Car je les ai vues se détacher
Moisies et encore fumantes,
Fondamentalement divergentes
Une intention pure, mise en regard,
A mis en mouvement les âmes de deux amants,
Se désintégrant au fil du temps,
Mettant notre communication à l’épreuve
La lumière qui nourrissait notre feu jadis
A creusé un trou entre nous
Nous n’arrivons plus à trouver d’issue
Notre communication en est brisée
Je savais que les pièces s’emboîtaient
Car je les ai vues s’effondrer
Aucune faute, personne à blâmer
Cela ne signifie pas que je ne ressente pas le désir
De pointer du doigt, de blâmer l’autre
De regarder le temple s’écrouler
Pour rassembler de nouveau les pièces
Et redécouvrir la communication
La poésie qui naît
De l’affrontement direct
Et de ces cercles qui se font face
En vaut la peine,
Trouver la beauté dans la dissonance
Il y eut un temps où les pièces s’emboîtaient
Mais je les ai vues se détacher
Moisies et encore fumantes,
Étouffées par notre désir de possession
J’ai suffisamment fait les comptes pour savoir
Les dangers de nos remises en question incessantes
Condamnés à nous effondrer si nous ne grandissons pas
Et si nous ne renforçons pas notre communication
Le silence froid
A tendance à
Atrophier toute
Forme de compassion
Entre de prétendus amants
Entre de prétendus amants
Je savais que les pièces s’emboîtaient
Je savais que les pièces s’emboîtaient
Je savais que les pièces s’emboîtaient
Je savais que les pièces s’emboîtaient
Je savais que les pièces s’emboîtaient
Je savais que les pièces s’emboîtaient
Je savais que les pièces s’emboîtaient
Et je savais que les pièces s’emboîtaient
TOOL, une trajectoire singulière
Tool est un groupe américain de metal progressif fondé en 1990 à Los Angeles. Le projet naît autour du chanteur Maynard James Keenan, du guitariste Adam Jones et du batteur Danny Carey. Puis, en 1995, le groupe accueille le bassiste Justin Chancellor. Dès ses débuts, Tool se distingue par une musique dense et exigeante, marquée par des structures complexes, des rythmiques asymétriques et des textes introspectifs.
Au fil des années, le groupe affirme une identité forte, à la fois musicale et visuelle. Les compositions sont longues, tendues, construites avec une précision presque architecturale. Les paroles explorent la difficulté de communiquer, les fractures intérieures et les tensions humaines, sans jamais chercher la facilité ni le consensus.
Après Opiate (1992) et Undertow (1993), qui installent Tool sur la scène alternative américaine, Ænima (1996) marque une montée en puissance artistique. Mais c’est avec Lateralus (2001) que le groupe atteint une reconnaissance internationale durable. Le titre Schism, premier single de l’album, devient emblématique de leur approche : complexe, hypnotique, rigoureuse, tout en restant émotionnellement accessible. Récompensé par un Grammy Award, le morceau contribue à faire de Tool un groupe majeur du metal progressif moderne.
Tool prend une trajectoire singulière dans le paysage du metal contemporain. Le groupe avance à contre-courant : peu d’albums, de longues périodes de silence, aucun compromis avec les formats dominants, et une exigence artistique maintenue sur la durée. Cette rareté assumée, alliée à une musique complexe devenue pourtant populaire, distingue Tool d’une scène souvent soumise au rythme de l’industrie. Leur parcours ne repose pas sur l’accumulation, mais sur la cohérence, le temps long et la maîtrise totale de leur identité.
La suite de leur carrière confirme ce positionnement. 10,000 Days (2006) puis Fear Inoculum (2019) prolongent une œuvre sans rupture brutale, fondée sur l’évolution lente et la fidélité à une vision. Aujourd’hui encore, Tool demeure un groupe à part, dont la musique continue de questionner la dissonance, le lien et la possibilité de réaccord.
Schism : quand la rupture devient langage

Avec Schism, Tool ne raconte pas simplement une rupture : le groupe dissèque un mécanisme. Celui par lequel des éléments faits pour fonctionner ensemble cessent peu à peu de s’emboîter. Le morceau repose sur une instabilité permanente : métriques asymétriques, changements de mesure constants, tension rythmique continue. La musique elle-même donne l’impression de ne jamais trouver un point d’équilibre durable.
Le célèbre riff de basse d’ouverture place la section rythmique au centre du morceau, soutenue par une batterie extrêmement mobile. La guitare travaille par textures, tandis que la voix de Maynard James Keenan progresse d’un chant contenu vers une parole plus tendue, presque incantatoire.
Les paroles évoquent une rupture sans coupable unique. Les pièces « s’emboîtaient », mais se sont désagrégées sous l’effet du silence, du doute et d’un défaut de communication. Le silence froid y apparaît comme l’ennemi principal, celui qui atrophie la compassion et rend la fracture durable.
Dans Schism, la forme rejoint le fond : la dissonance rythmique reflète la dissonance relationnelle. Le morceau ne se contente pas de constater l’échec ; il suggère qu’une reconstruction reste possible, à condition d’accepter la complexité et de réapprendre à communiquer.
John Ibonoco
SCHISM
I know the pieces fit
‘Cause I watched them fall away
Mildewed and smouldering
Fundamental differing
Pure intention juxtaposed
Will set two lovers’ souls in motion
Disintegrating as it goes
Testing our communication
The light that fueled our fire then
Has burned a hole between us so
We cannot seem to reach an end
Crippling our communication
I know the pieces fit
‘Cause I watched them tumble down
No fault, none to blame
It doesn’t mean I don’t desire
To point the finger, blame the other
Watch the temple topple over
To bring the pieces back together
Rediscover communication
The poetry that comes from
The squaring off between
And the circling is worth it
Finding beauty in the dissonance
There was a time that the pieces fit
But I watched them fall away
Mildewed and smouldering
Strangled by our coveting
I’ve done the math enough to know
The dangers of our second guessing
Doomed to crumble unless we grow
And strengthen our communication
Cold silence has
A tendency to
Atrophy any
Sense of compassion
Between supposed lovers
Between supposed lovers
I know the pieces fit
I know the pieces fit
I know the pieces fit
I know the pieces fit
I know the pieces fit
I know the pieces fit
I know the pieces fit
And I know the pieces fit
TOOL, a singular trajectory
Tool is an American progressive metal band formed in 1990 in Los Angeles. The project took shape around vocalist Maynard James Keenan, guitarist Adam Jones, and drummer Danny Carey. In 1995, the band was joined by bassist Justin Chancellor. From the very beginning, Tool stood out for its dense, demanding music, marked by complex structures, asymmetric rhythms, and introspective lyrics.
Over the years, the band has developed a strong identity, both musically and visually. The compositions are long, tense, and built with an almost architectural precision. The lyrics explore the difficulty of communication, inner fractures, and human tensions, never seeking ease or consensus.
After Opiate (1992) and Undertow (1993), which established Tool on the American alternative scene, Ænima (1996) marked a clear artistic leap forward. But it was with Lateralus (2001) that the band achieved lasting international recognition. The track Schism, the album’s first single, became emblematic of Tool’s approach: complex, hypnotic, and rigorous, while remaining emotionally accessible. Awarded a Grammy, the song helped establish Tool as a major force in modern progressive metal.
Tool follows a singular path within the contemporary metal landscape. The band moves against the current: few albums, long periods of silence, no compromise with dominant formats, and an artistic rigor maintained over time. This deliberate rarity, combined with a complex music that nevertheless reached a wide audience, sets Tool apart from a scene often driven by industry pace. Their trajectory is not built on accumulation, but on coherence, long-term vision, and total control of their identity.
The rest of their career confirms this stance. 10,000 Days (2006) and Fear Inoculum (2019) extend a body of work without abrupt breaks, grounded in slow evolution and fidelity to a vision. Even today, Tool remains a band apart, whose music continues to question dissonance, connection, and the possibility of re-alignment.
Schism: when rupture becomes language

With Schism, Tool does not simply tell the story of a breakup. The band dissects a mechanism: the process by which elements meant to function together gradually stop fitting. The track is built on constant instability—asymmetric meters, continuous time-signature changes, and sustained rhythmic tension. The music itself seems unable to settle into a lasting point of balance.
The famous opening bass riff places the rhythm section at the center of the piece, supported by an exceptionally fluid and mobile drum part. The guitar works in textures rather than traditional riffs, while Maynard James Keenan’s voice moves from restrained delivery toward a more tense, almost incantatory expression.
The lyrics describe a rupture with no single culprit. The pieces “fit,” but they came apart under the weight of silence, doubt, and a breakdown in communication. Cold silence emerges as the main enemy—the force that atrophies compassion and makes the fracture endure.
In Schism, form and content converge. Rhythmic dissonance mirrors relational dissonance. The song does not merely register failure; it suggests that reconstruction remains possible, provided one accepts complexity and relearns how to communicate.
John Ibonoco
❤
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Merci John pour ce commentaire technique et sensible, éclairant. Je te souhaite une belle année musicale et créative, au passage ❤
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Hello,
Je te souhaite également une très belle année, riche en écriture, en joie, et la santé, incontournable santé sans laquelle rien n’est possible. 😉.
Et merci d’avoir apprécié le sujet du jour.
John
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Bonjour Cher John, 😊
Merci beaucoup. C’est une découverte pour moi.
Remarquable !!
< Le morceau ne se contente pas de constater l’échec ; il suggère qu’une reconstruction reste possible, à condition d’accepter la complexité et de réapprendre à communiquer.
… Tout en en prenant le temps qu’il faut, et …, se le répéter …
Meilleurs meilleurs vœux !! Amitiés 😊
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Merci à toi l’ami. Ce morceau est en effet d’une grande qualité – comme beaucoup d’autres pour ce groupe. Meilleurs également.
Amitiés 🙂
John
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