Tomorrow I’ll still have the strength to wait for you

le

« Jamais d’autre que toi en dépit des étoiles et des solitudes. »

Robert Desnos

Rina Ketty – J’attendrai

DEMAIN

Âgé de cent mille ans, j’aurais encore la force
De t’attendre, ô demain pressenti par l’espoir.
Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,
Peut gémir : Le matin est neuf, neuf est le soir.


Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,
Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,
Nous parlons à voix basse et nous tendons l’oreille
À maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.


Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore
De la splendeur du jour et de tous ses présents.
Si nous ne dormons pas c’est pour guetter l’aurore
Qui prouvera qu’enfin nous vivons au présent
.

Robert Desnos (1900 – mort en 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie) in État de veille, 1942, est un grand poète français « surréaliste ».

« Never other than you in spite of the stars and solitudes. »

Robert Desnos

Rina Ketty – J’attendrai

TOMORROW

A hundred thousand years old, I would still have the strength
To wait for you, oh tomorrow sensed by hope.
Time, old man suffering from multiple sprains,
Can moan: The morning is new, nine is the evening.

But for too many months we have been living on the eve,
We watch, we keep the light and the fire,
We speak in a low voice and we tend our ears
To many a sound quickly extinguished and lost as in play.

But from the depths of the night we still bear witness
Of the splendor of the day and all its gifts.
If we do not sleep it is to watch for the dawn
Which will prove that at last we live in the present.

Robert Desnos (1900 – died in 1945 in Theresienstadt concentration camp, Czechoslovakia) in État de veille, 1942, is a great French « surrealist » poet.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Une poésie extrêmement touchante John.
    Merci pour ce partage saisissant

    Aimé par 1 personne

    1. ibonoco dit :

      Effectivement, c’est un texte fort. Et quand l’on sait qu’il est mort un mois après sa libération du camp de concentration dans lequel il était interné -mort des suites directes des mauvais traitements subis – , ce poème prend encore une plus grande force.

      J’aime

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