La fable d’Oliver and Axel… mes meilleurs amis

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WARNING – AVERTISSEMENTS

« Any resemblance to real and actual names is purely coincidental. »

« Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé est purement fortuite.»

La fable d’Oliver and Axel… mes meilleurs amis

Il était une fois l’histoire d’Oliver et Axel. Ce sont mes deux meilleurs amis… pour la vie. En cas de coups durs, de difficultés, ils répondent toujours présents. Fidèles au poste, qu’il pleuve sur ma tête, qu’il neige sur mon cœur, que la tempête des mauvais jours s’abatte sur mes épaules. C’est aussi ça l’amitié : essuyer les larmes de l’âme de l’ami qui pleure, tenter de le soulager au moins pour un temps en portant son fardeau, le rassurer en lui prenant la main, l’apaiser en lui caressant le front et l’écouter, l’écouter attentivement… L’écouter, l’entendre, rester assis auprès de lui, sécher les larmes sur son visage, être bienveillant : c’est aussi un vrai métier à plein temps. Mais quel métier que celui d’être ami !

Quant à Oliver et Axel, l’un ne va pas sans l’autre ; ils sont insSEEPPAaarrraabbles. Et ils sont tellement inséparables qu’un jour, ils sont passés devant monsieur le maire pour se marier, pour officialiser comme l’on dit. Un beau mariage dans un château, une belle cérémonie, un beau discours et un magnifique parterre d’invités. Que demander de plus sinon d’être enterré au Panthéon ? Un seul jour de gloire sur l’ensemble d’une vie, ce n’est tout de même pas interdit…

Où en étais-je donc ? Ah ! Oui, je disais qu’ils étaient inséparables. Quand l’un est absent, loin de sa demeure, en voyage, l’autre est aussitôt malade, alité avec 38° C de fièvre ou une bonne gastro. C’est peut-être aussi ça l’amour ? choper une bonne gastro quand l’être chéri se retrouve éloigné du lit conjugal. Mais s’agissant d’Oliver en particulier, il y a encore autre chose que le stress provoque chez lui : il dévore du chocolat du matin au soir. Il dévore des tonnes de tablettes de chocolat comme un petit glouton, un petit cochonnet en culotte courte et en chemisette comme celui des bandes dessinées ou des dessins animés. Oliver dévore et dévore encore afin de calmer son angoisse, celle de la séparation de l’être aimé : loin du cœur, loin des yeux, loin de la queue. Il n’aime pas savoir l’amour de sa vie, Axel, éloigné de la maison, alors il dévore du chocolat. Il dévore et dévore encore comme il aimerait manger la vie, les gens, les bouffer tout cru et s’éclater… au moins une fois, juste une putain de fois dans sa vie. Oliver voudrait juste s’éclater mais il s’emmerde toute la journée.

Oliver stresse toutes les nuits et angoisse toute la journée. Ai-je dit s’éclater ? Il le voudrait bien… Mais c’est trop tard pour Oliver ! Il n’a pas le rythme des matins enchantés dans la peau ni même le sens de la fête, de l’éclate – il ne l’a d’ailleurs peut-être jamais eu. Aucun grain de folie dans le regard, aucune fantaisie dans ses manières, il ne sait juste que mimer les bonnes manières des autres en société. Il ne sait que psalmodier quelques formules de politesse bien apprises sur un ton obséquieuses à ces contacts de la « haute » dont il rêve d’en faire des amis. Oliver rêve. Il rêve – en secret – de jouer dans la cour des grands de ce monde, avoir à sa table des ambassadeurs, des hommes politiques connus et surtout, des intellectuels. Car intellectuel, c’est ce qu’il aurait aimé être et c’est surtout ce qu’il ne sera jamais. Mais quelle importance pour ceux qui l’aiment ? Aucune.

Pas d’éclate, de grain de folie ni même de joie brute pour Oliver. Il est trop tard pour lui car il a peur de tout : de lui-même, de son ombre, de l’ombre de son ombre. C’est un lâche, un pleutre, un couard, un capon, un poltron qui se cache derrière l’amitié pour profiter d’un sourire ou de la bienveillance réconfortante d’autrui. Il est constamment à la recherche de la meilleure compagnie, celle qui le rendra important auprès de son entourage, compagnie qu’il trahira par la suite à la première occasion. Tel Icare, il cherche à voler toujours plus haut près du soleil. Tel Icare, il risque un jour de tomber de très haut sur son gros séant bien rembouré. Alors, afin de toujours plus briller en société, il a mis en place un système pour arriver à ses fins. Il cultive ses relations avec grand soin, méthode et application. Ah ! Oliver est vrai coquin, un as en la matière, il sait s’y prendre, il en a l’air et la musique. Chaque fin de semaine, il reçoit en sa demeure – avec Axel – sa cour. Chaque fin de semaine, Monsieur Oliver devient Monseigneur Oliver et Axel le prince consort. Chaque fin de semaine, il y a le brunch chez Oliver and Axel ou plutôt chez Oliver and Co, il faut dire qu’il s’agirait presque d’une véritable entreprise. Et toute la cour est reçue en grande pompe. On y retrouve de vieilles relations, de nouvelles en état d’observation et parfois une guest star comme un ambassadeur. On s’embrasse, on se fait l’accolade, fraternelle ou pas, on sourit deux fois par devant, une fois par derrière parce que l’on est très professionnel mais par dessus tout, on reste très langue de pute. Et Oliver et Axel excellent en la matière. Ils ont des années d’expérience sur le terrain, des heures et des heures de vol de langage putassier. Ce sont simplement les meilleurs sur le marché de la langue de pute.

Pourtant, toute sa vie, Oliver a recherché l’élévation de l’esprit, le travail sur lui-même, le perfectionnement de soi-même afin de mieux comprendre le monde qui l’environne. Toute sa vie, il a cherché différentes méthodes pratiques et intellectuelles qui lui permettraient d’être un grand humaniste, un homme parmi les hommes. Mais toute sa vie, Oliver a regardé ses amis, ses proches, sa famille, les hommes, d’en haut, lui étant au sommet de son empire. Au fil des années, il s’est érigé en maître de la juste pensée et de la bonne morale. Au fil des années, il est devenue une grenouille de bénitier pleine de superstitions et de croyances. Mais Oliver a simplement oublié qui il était. Il a simplement oublié de regarder dans le miroir et de voir que son plus grand ennemi était lui-même.

Moralité : A vouloir trop briller dans le ciel, être une étoile parmi les étoiles de ce monde, on en devient aveugle et l’on finit par ne plus voir que les plus belles étoiles sont ses propres amis.

La morale de cette morale : Je laisserai le dernier mot à une citation que l’on attribue à Voltaire s’agissant de l’amitié et qui illustre parfaitement cette fable :

« Mon Dieu, gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge ! »

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Merci pour le suivi de mon site.

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