Soixante-huit armes – INTRODUCTION
Par John Ibonoco
Sixty Eight Guns – 1983 – c’est un morceau tout droit sorti des années 80 — une décennie où l’Angleterre – et la Grande Bretagne – envoyait le son de ses guitares, ses cris, ses révoltes et ses mélodies jusque dans nos chambres françaises. Là où, ados, on attrapait ces chansons comme on saisit une lueur dans la nuit, avec la certitude que quelqu’un, quelque part, comprenait exactement ce qu’on traversait. Et l’on savait alors que l’avenir nous appartiendrait pour toujours.
Écouter ce titre aujourd’hui, c’est redevenir cet adolescent pour un instant, celui qui rêvait d’ailleurs, de Manchester, de Londres, de ces rues anglaises où la musique semblait pousser entre les briques comme une mauvaise herbe indestructible. Celui qui rêvait d’une liberté totale parce qu’il la ressentait en lui sans pourtant savoir la définir.
Ce morceau porte en lui cette jeunesse révoltée, un peu sauvage, qui finira par s’apaiser quand la vie aura fait de l’adolescent un homme — mais qui ne disparaîtra jamais complètement.
C’est la jeunesse qui refuse de baisser la tête.
Une bande de gamins debout dans les arrière-rues, avec pour seules armes leurs rêves, leur instinct, leur fraternité improvisée.
Les « guns », ce ne sont pas des fusils : ce sont des visages, des prénoms, des loyautés fragiles mais vraies.
La chanson parle de promesses truquées, de pressions rampantes, de cette société prête à t’acheter pour trois mots doux – et de la naïveté de cette jeunesse.
Et au milieu de tout ça, il reste un cri — “They’ll never die” — comme un rappel que ce que l’on a vécu jeune, intensément, reste gravé quelque part, indélébile.
Musicalement, c’est un hymne droit, nerveux, trempé dans cette Angleterre ouvrière, combattive, celle qui a nourri tant de groupes et imprégné si profondément la jeunesse française.
Un morceau fait pour traverser les nuits trop longues et les matins sans horizon.
Un morceau qui rappelle simplement ceci : on peut tout nous prendre, sauf le feu qui nous a forgés.«
John Ibonoco
Soixante-huit armes
Hey
Et maintenant, ils veulent m’arracher ma vie.
Rester jeune pour toujours ? Je sais que ce n’est plus possible, hey.
À chaque coin de rue, je les vois postés, silencieux.
Ils ne connaissent ni mon nom, ni mon monde.
Ils t’appâtent avec leurs belles promesses
(Promesses d’amour…).
Ils veulent que tu signes, que tu offres ta vie
(Ouais, ouais-oh…).
Soixante-huit armes ne s’éteindront jamais.
Soixante-huit armes, c’est notre cri de guerre.
Soixante-huit armes.
Soixante-huit armes.
Les soixante-huit.
On vit dans les arrière-rues,
Ces ruelles qui sont devenues un second foyer.
Les murs couverts de peinture, c’est tout ce qu’on a jamais connu.
Les “guns” pour toujours — c’est notre serment, notre cri.
C’est le drapeau que l’on hisse, bien au-dessus de nos têtes.
Et chaque jour, ils essaieront de nous tirer vers le fond
(Encore et encore…).
Je hurle de rage : je n’ai commis aucun crime, non
(Ouais, ouais-oh…).
Soixante-huit armes ne mourront jamais.
Soixante-huit armes, notre cri de bataille.
Soixante-huit armes ne mourront jamais.
Soixante-huit armes, notre cri de bataille.
Soixante-huit armes.
Soixante-huit armes.
Les soixante-huit armes.
Soixante-huit armes ne mourront jamais.
Soixante-huit armes, notre cri de bataille.
Soixante-huit armes ne mourront jamais.
Soixante-huit armes, notre cri de bataille.
Soixante-huit armes.
Soixante-huit armes.
Les soixante-huit armes.
The Alarm, né en 1981 à Rhyl, dans le nord du Pays de Galles, rassemble à l’origine Mike Peters (chant, guitare), Dave Sharp (guitare), Eddie MacDonald (basse) et Nigel Twist (batterie). Le quatuor forge rapidement un style distinctif où se rencontrent post-punk, new wave et folk électrique, le tout porté par une énergie brute et des refrains puissants.
C’est au début des années 1980 que le groupe s’impose sur la scène britannique avec des titres comme “The Stand” (1983) et surtout “Sixty Eight Guns”, leur premier véritable succès international. Leur album inaugural Declaration (1984) pose les fondations de leur univers : des guitares acoustiques transformées en force de frappe, une urgence héritée du punk adoucie par un vrai sens de la mélodie, et des textes imprégnés des valeurs galloises de courage et de détermination.
La suite confirme leur ascension. Strength (1985) révèle un groupe plus mature et audacieux, tandis que Eye of the Hurricane (1987) adopte une tonalité plus atmosphérique, oscillant entre introspection et ampleur sonore. Avec Change (1989), également publié en version galloise sous le titre Newid, The Alarm revendique pleinement ses racines, un trait qui deviendra indissociable de leur identité.
Après une ultime tournée et la sortie de Raw (1991), la formation originale se dissout. Mike Peters reprend toutefois le flambeau et, dès les années 2000, reconstitue The Alarm avec de nouveaux musiciens. Cette renaissance donne lieu à plusieurs projets marquants, dont le single “45 RPM” (2004), publié sous le pseudonyme The Poppy Fields, en guise de pied de nez aux préjugés de l’industrie musicale envers les groupes des années 80.
Toujours en activité, The Alarm poursuit sa route grâce à l’énergie inépuisable de Mike Peters. Son héritage demeure celui d’un groupe authentique, ancré dans ses origines galloises, conjuguant ferveur rock, éclat mélodique new wave et une écriture franche qui a durablement marqué le paysage musical britannique des années 80.
John Ibonoco
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Sixty Eight Guns — INTRO
by John Ibonoco
“Sixty Eight Guns” – 1983 – is a track straight out of the 80s — a decade when England, and all of Great Britain, sent the sound of its guitars, its shouts, its rebellions and melodies all the way into our French teenage bedrooms. A time when we caught those songs like you catch a glimmer in the dark, with the certainty that someone, somewhere, truly understood what we were going through. And in that moment, we felt the future would belong to us forever.
Listening to this track today is like becoming that teenager again for a second — the one who dreamed of elsewhere, of Manchester, of London, of those English streets where music seemed to grow between the bricks like an indestructible weed.
The one who dreamed of total freedom simply because he felt it burning inside him, even if he couldn’t yet define it.
This song carries within it that restless, slightly wild youth that eventually softens when life turns the teenager into a man — but never disappears completely.
It’s youth refusing to bow its head.
A bunch of kids standing in the backstreets, armed only with their dreams, their instinct, their improvised brotherhood.
The “guns” aren’t weapons — they’re faces, names, fragile loyalties that were real nonetheless.
The song speaks of false promises, creeping pressures, of a society ready to buy you off with a few sweet words — and of the innocence, even the naïveté, of that youth.
And in the middle of all that, there’s a shout — “They’ll never die” — a reminder that what we lived intensely when we were young remains carved somewhere inside us, indelible.
Musically, it’s a straight, urgent anthem, soaked in working-class England, the England that raised so many bands and seeped so deeply into the imagination of French youth.
A track built to carry you through long nights and mornings without a horizon.
A track that reminds us of one simple truth: they can take everything from us, except the fire that forged us.
Sixty Eight Guns
Hey
And now they’re trying to take my life away
Forever young, I cannot stay, hey
On every corner, I can see them there
They don’t know my name, they don’t know my kind
They’re after you with their promises (Promises of love)
They’re after you to sign your life away (Yeah, yeah-oh)
Sixty-eight guns will never die
Sixty-eight guns, our battle cry
Sixty-eight guns
Sixty-eight guns
The sixty-eight
Living in the backstreets
That’s our home from home
The painted walls are all we’ve ever known
The guns forever, that’s our battle cry
It is the flag that we fly so high
For every day they’ll try and drag us down (Drag us down and down)
I cry with anger, I have done no crime, no (Yeah, yeah-oh)
Sixty-eight guns will never die
Sixty-eight guns, our battle cry
Sixty-eight guns will never die
Sixty-eight guns, our battle cry
Sixty-eight guns
Sixty-eight guns
The sixty-eight guns
Sixty-eight guns will never die
Sixty-eight guns, our battle cry
Sixty-eight guns will never die
Sixty-eight guns, our battle cry
Sixty-eight guns
Sixty-eight guns
The sixty-eight guns
The Alarm, formed in 1981 in Rhyl, North Wales, originally brought together Mike Peters (vocals, guitar), Dave Sharp (guitar), Eddie MacDonald (bass), and Nigel Twist (drums). The quartet quickly shaped a distinctive sound where post-punk, new wave, and electric folk converge, driven by raw energy and powerful, anthemic choruses.
In the early 1980s, the band made its mark on the British scene with tracks like “The Stand” (1983) and especially “Sixty Eight Guns,” their first major international breakthrough. Their debut album, Declaration (1984), laid the foundations of their identity: acoustic guitars turned into striking weapons, a punk-born urgency softened by a strong melodic instinct, and lyrics infused with Welsh themes of courage and determination.
Their rise continued. Strength (1985) revealed a more mature and ambitious band, while Eye of the Hurricane (1987) embraced a more atmospheric tone, shifting between introspection and broad sonic landscapes. With Change (1989)—also released in Welsh as Newid—The Alarm fully embraced their roots, a trait that would become inseparable from their identity.
After a final tour and the release of Raw (1991), the original lineup split. Mike Peters, however, kept the flame alive and, starting in the 2000s, rebuilt The Alarm with new musicians. This new chapter led to several notable projects, including the 2004 single “45 RPM,” released under the alias The Poppy Fields as a playful jab at the industry’s bias against 1980s bands.
Still active today, The Alarm continues forward through the relentless drive of Mike Peters. Their legacy remains that of an authentic band, deeply rooted in their Welsh origins, blending rock fervor, new wave melody, and a straightforward writing style that left a lasting mark on the British music landscape of the 1980s.
John Ibonoco
« Cette musique qui semblait pousser entre les briques », j’aime l’image que je trouve très juste. Il y a quelque chose en chacun de nous que personne ne peut prendre entièrement et j’apprécie que la musique nous rappelle ça.
Belle journée John.
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Tu as tout dit et bien senti cete chanson. Et surtout l’époque du début des années 80 quand on est ado.
Amitiés
John
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