Emile s’en va

le

 

AU BORD DU QUAI

Et qu’importe d’où sont venus ceux qui s’en vont,
S’ils entendent toujours un cri profond
Au carrefour des doutes !
Mon corps est lourd, mon corps est las,
Je veux rester, je ne peux pas ;
L’âpre univers est un tissu de routes
Tramé de vent et de lumière ;
Mieux vaut partir, sans aboutir,
Que de s’asseoir, même vainqueur, le soir,
Devant son oeuvre coutumière,
Avec, en son coeur morne, une vie
Qui cesse de bondir au-delà de la vie

 

Émile Adolphe Gustave Verhaeren, Emile Verhaeren (1855 – 1916), in Les visages de la vie, 1899, est un poète belge flamand, d’expression française, symboliste, proche de l’anarchisme, écrivain et dramaturge.

 

26 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Proche de l’anarchisme, ah ! Je le voyais plutôt proche du mouvement européaniste, avant la première guerre mondiale, avec des amis comme Romain ROLLAND ou Stefan ZWEIG (qui a traduit ses œuvres en allemand).

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    1. ibonoco dit :

      Peut-être me suis-je trompé mais l’anarchisme en tant que mouvement politique n’a pas de frontières.

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      1. En fait quand je parle du mouvement européaniste, c’est plus que ça. Il faut se remettre dans le contexte de l’époque, juste avant la guerre 14-18, et ce mouvement dont je parle prônait l’amitié entre les peuples et le pacifisme. Les intellectuels qui le composaient, issus d’à peu près tous les peuples européens, essayaient vraiment d’œuvrer pour la paix, pour faire que cette guerre que l’on sentait venir n’arrive pas.
        Je publierai un jour un billet sur « Le Monde d’hier » de Stefan ZWEIG, livre hautement recommandable, le dernier écrit par Zweig avant son suicide en 1942, et qui est d’une bouleversante actualité (Nil nuovo sub sole.)

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      2. ibonoco dit :

        Les libertaires, l’anarchie politique n’ont jamais été incompatibles avec le pacifisme à cette époque même si pour une fraction, le terrorisme et la violence ont été pratiqués par une minorité.

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  2. iotop dit :

    Bon jour,
    « Au bord du quai » comme si sa propre existence était au bord … du gouffre…
    Max-Louis

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    1. Au bord du quai, parce qu’il est mort (stupidement) en tombant du quai de la gare de Rouen?

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      1. iotop dit :

        … je ne sais pas.

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      2. ibonoco dit :

        Non… Le hasard des titres et des coïncidences de la vie

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      3. ibonoco dit :

        Non, c’est un titre prémonitoire mais il ne pouvait pas connaître sa propre fin. Peut-être que certains mots que nous utilisons pèsent sur notre propre avenir et notre destinée.

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    2. ibonoco dit :

      Il s’agit certainement d’une remise en question personnelle très profonde.

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  3. Alain J dit :

    Bonjour à tous. Quel triste destin , la mort de cet homme !

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    1. ibonoco dit :

      Oui. Un accident fatal.

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  4. Ce poème est un peu triste, j’ai dû apprendre certains de ses poèmes à l’école, dans les petites classes, qui parlaient plutôt de nature.

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    1. ibonoco dit :

      Bonjour Marie-Christine,
      C’est un peu triste comme certains moments de la vie que nous traversons. Les mots peuvent alors être nos amis. Et l’émotion s’écoule ainsi.

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  5. C’est un poème très fort, je trouve. Très affirmé. J’aime cette franchise. Belle tonalité, et belle luminosité dans ce tableau, que je trouve très très beau.

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    1. ibonoco dit :

      C’est un très beau poème où l’auteur dévoile ses doutes, ses aspirations et émotions.
      Amitiés
      John

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  6. J’aime sa lucidité et sa vision sur l’importance de vivre sa vie de façon entière, passionnée…
    Malgré les doutes, les accalmies, il demeure intègre à cette vision :  » Bondir au-delà de la vie  », j’aime ces derniers mots.

    Bonne soirée John
    Manouchka

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    1. ibonoco dit :

      Bonjour Manoucka avec un peu de retard.
      La poésie « dit » parfois la vie en parlant directement à notre âme, à ce que nous sommes au plus profond de nous-même. Et cela vaut tous les langages, tout quand on arrive l’espace d’une seconde à ressentir cela. Et cette expression :  » Bondir au-delà de la vie » illustre mon propos.
      Amitiés
      John

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  7. colettedc dit :

    Une bien triste fin, pour cet homme, ce 27 novembre 1916 !
    Cet homme qui se questionne sur sa vie et semble vouloir vivre toujours plus intensément.
    Bon mois de mai tout entier, John !

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    1. ibonoco dit :

      Bonjour Colette,
      La vie permet de questionner et le monde dans lequel nous vivons et ce que nous y faisons. Et il n’y a presque jamais de réponses. Il s’agit plutôt d’une manière de percevoir ce qui nous entoure.
      Bon mois de mai à toi également Colette.

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  8. giselefayet dit :

    Interrogations , doutes , c’était un homme tres tourmenté ce poète .
    Bon mois de mai

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    1. ibonoco dit :

      Bonjour Gisèle,
      Bon mois de mai également et sans tourmente. 😊

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  9. Edmée dit :

    Ah notre Emile…

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    1. ibonoco dit :

      Un clin d’oeil à la Belgique

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  10. aruna3 dit :

    Wonderfully written about Èmilie Gustave.

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    1. ibonoco dit :

      😊😊😊

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